Le mot du président

LE MOT DU PRÉSIDENT – 11 mai 2020

 

Madame, Monsieur,

Nous voici en cours de déconfinement, comme l’ont fait  une quinzaine d’autres pays en Europe. Lentement, la vie reprend doucement son cours…

Mais le Covid-19 se répand encore, ailleurs dans le monde, et chaque jour voit de nouveaux cas, chaque jour il y a de nouveaux décès, chaque jour des drames personnels et des armées de soignants se battent, des légions de logisticiens oeuvrent, pour qu’un jour, nous puissions à nouveau voyager, échanger, découvrir, vivre pleinement…

Il va falloir cependant attendre encore pour voyager et retrouver les chemins d’aventure. Le tourisme lointain est logiquement le plus affecté par le coronavirus et les mesures de précaution qui l’accompagnent. Malgré les signes encourageants d’une décrue épidémiologique, nous ne pourrons voyager les yeux et le coeur grands ouverts avant des mois.

Le voyage, quand il sera à nouveau possible, ne sera plus exactement le même. Pour les croisières en particulier, de nouvelles normes sanitaires vont mouler nos futures activités, pour mieux vous protéger, et protéger les populations locales que nous visiterons. 

Depuis 30 ans, nous nous sommes habitués aux changements.

Lors des premières croisières Grands Espaces, peu de consignes, peu de règles, seule notre expérience déjà longue d’hommes de terrain et d’expéditions scientifiques, et notre profond  respect de la nature guidaient nos pas et nos bateaux. Puis vint l’ère des bateaux russes de 40 à 50 passagers : à bord, tous vivaient les mêmes aventures, nous suivions les mêmes ours, nous protégeant de ces derniers et respectant les premières consignes des Autorités locales. Nous  croquions l’Arctique, passionnément.

A l’ère des grands bateaux dans laquelle nous étions entrés ces dernières années Grands Espaces s’est volontairement limité à des capacités de moins de 100 passagers et nos navires sont devenus de véritables camps de base maritimes, d’où les activités  régentées par nos chefs d’expéditions partaient en étoiles, se déclinant en excursions, raids, croisières zodiacs… Et il y aura 2021, avec un temps réorganisé à bord, plusieurs services de repas, de nouvelles mesures d’hygiène, et, paradoxalement, le retour à une croisière expédition plus authentique et personnelle: la croisière d’exploration.

Ce Covid-19 qui a mis la moitié de la population mondiale en confinement nous aura aussi appris à raisonner autrement, plus écologique, plus prudent : Grands Espaces n’avait  pas attendu cette pandémie, pour façonner ses croisières expéditions.

« Small is beautiful » ( ce qui est petit est beau ), mais aussi « petit est écologique et éthique« – nous le savions – Nos petits bateaux déjà plus écologiques et plus éthiques sont à présent aussi plus sûrs : « small is safe » devient une règle. Les majors du tourisme de masse, avec des croisières qui n’ont d’expédition que le nom et  à force de chartes vertes empruntées, verront leurs passagers progressivement préférer l’intimiste, le beau, l’écologique et le sûr: en un mot, l’authentique.

Et ceci est la signature, l’empreinte de Grands Espaces, depuis toujours.

En 1985 j’inventais les voyages polaires, puis entre 1987 et 1991 la croisière expédition en France; s’ il est passionnant d’être pionnier, il est toujours valorisant de voir la voie que l’on a tracée être aujourd’hui plébiscitée.

Soyez-en sûrs, nous serons aux prochains rendez-vous.

Comme promis dès la fin du mois de février à l’occasion de nos premières lettres et envois, transparents et prévoyants, nous avons anticipé les annulations et reports pour ne pas vous faire attendre, car cet été sera français, européen peut-être, mais sûrement pas lointain, nous le pressentons. Nous avons ainsi annulé tous nos voyages de mi-mars à fin juin, nous venons d’annuler les voyages et croisières du mois de juillet, en ces jours où certains pays à l’instar du Royaume-Uni durcissent encore leurs mesures d’entrée sur le territoire national, le confinement y est prolongé jusqu’au 1er juin au moins.

 La France est réglée par la loi d’Urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet au moins. 

Notre « plan B » réfléchi en janvier nous  permet aujourd’hui des reports de voyages faciles sur la base de nos catalogues, réorganisés. Nous avons notamment accéléré dès la fin janvier la mise en restauration de deux nouveaux yachts polaires pour 2021. Evidemment, nous attendrons, mais nous caresserons ainsi plus longtemps encore nos rêves, et ce sera notre plaisir de vous y faire penser, régulièrement.

Tout juste encore un espoir pour mi-août, ou septembre? Nous le ferons savoir à toutes les personnes intéressées au plus vite et au plus tard le 15 juin, afin que vous puissiez vous organiser au mieux.

Entre-temps et depuis le 20 mars, et alors que tous tournaient le dos aux déplacements lointains, nous avons mis en place sur notre site internet une vraie plateforme de départs avec le magazine et sa rubrique « Un jour, un voyage« , avec des interviews et témoignages de notre équipe  et des guides en confinés parfois aux bouts du monde. Et bientôt vous y trouverez des jeux, avec à la clef… des voyages.

Par son supplément éditorial du 23 avril , Paris-Match nous a également permis de relayer l’esprit qui nous anime.

Un voyage ne se résume pas aux kilomètres parcourus, au nombre d’ours observés ou au nombre de pays visités : c’est surtout un échange, une aventure partagée. C’est en cette période  inédite que l’on peut compter les passionnés et les proches : j’espère que par nos efforts de communication et nos messages réguliers nous en sommes, avant que nos guides ne vous emmènent à nouveau en jungles, savanes et banquises.

A bientôt, on pense à vous, compagnons d’aventures, prenez soin de vous.

Christian Kempf.

 

 

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