Benjamin Dy
Destinations Nordiques et Antarctique
15 mars
23 mars 2026
Benjamin Dy
Destinations Nordiques et Antarctique
Le 15 mars 2026 marque le départ de l’expédition, avec les premiers participants quittant Paris et Genève en direction de la Laponie norvégienne. Le voyage débute dans de bonnes conditions, mais un retard d’environ quarante-cinq minutes sur le vol entre Paris et Bergen vient perturber l’organisation. Ce décalage suffit à faire manquer certaines correspondances vers Tromsø.
Une partie du groupe parvient néanmoins à arriver comme prévu en début de soirée, aux alentours de 19 heures, où le navire les attend dans le port. Les autres participants sont réacheminés sur un vol plus tardif, quittant Bergen à 22h45 et rejoignant Tromsø vers 1h30 du matin.
Malgré ces imprévus, tout le monde finit par embarquer. La nuit est courte, mais le groupe est enfin réuni, prêt à débuter pleinement l’expédition au matin suivant.
La journée s’ouvre à Tromsø, dans une lumière hivernale douce et froide. Après un petit-déjeuner à 8 heures, le groupe part à pied à la découverte du centre-ville. Les rues calmes et l’atmosphère nordique donnent déjà un premier aperçu de la vie aux portes de l’Arctique.
La matinée se poursuit par la visite du musée de l’Exploration polaire. À travers les récits des grandes expéditions, les objets et les témoignages, le groupe plonge dans l’histoire des explorateurs norvégiens et des trappeurs du Svalbard, particulièrement actifs entre le début du XIXe siècle et la fin du XXe siècle. Cette immersion permet de mieux comprendre les conditions extrêmes et les enjeux humains de ces territoires.
De retour à bord pour le déjeuner, le rythme ralentit. En début d’après-midi, un temps libre est accordé pour profiter une dernière fois de Tromsø, flâner dans la ville ou simplement observer le port.
En fin de journée, vers 17 heures, tout le monde est réuni à bord pour le départ officiel. Un cocktail de bienvenue est organisé, suivi des consignes de sécurité, de la présentation de l’équipage et de la distribution de l’équipement d’expédition. L’atmosphère est à la fois détendue et pleine d’anticipation.
La fatigue du voyage se fait sentir, et la plupart des participants se couchent tôt. Mais la nuit réserve un moment inattendu.
Vers 23 heures, les haut-parleurs crépitent et appellent les passagers sur le pont. Une aurore boréale apparaît au-dessus du navire. Dans le silence de la nuit arctique, une lueur verte se déploie, ondulant lentement dans le ciel. Ce premier spectacle, presque irréel, marque profondément les esprits et donne le ton de l’expédition.
Dès les premières heures, le navire met cap au nord. Les conditions météorologiques annoncées imposent une navigation stratégique : une tempête est prévue sur le Cap Nord, avec des vents pouvant atteindre 40 à 65 nœuds pendant plusieurs jours. L’objectif est donc d’atteindre rapidement les zones les plus septentrionales avant sa formation.
En matinée, une escale est réalisée à Bergsfjord, un petit village de pêcheurs isolé comptant une quarantaine d’habitants. Le lieu semble hors du temps. Le long du littoral, des séchoirs supportent des têtes de morue et des harengs, suspendus à l’air libre selon une tradition ancienne.
Le groupe traverse le village, puis emprunte une route sans issue qui souligne l’isolement du site. Un petit pont en bois permet de rejoindre une île voisine, offrant un point de vue ouvert sur les fjords environnants, dont les reliefs rappellent ceux des Alpes de Lyngen toutes proches.
Le retour à bord s’effectue vers 11h30.
L’après-midi se déroule sous des conditions remarquablement calmes. La mer est parfaitement lisse, reflétant les montagnes enneigées comme un miroir. En route vers le parc national de Seiland, le groupe tente d’observer baleines et orques, mais sans succès.
Le navire s’engage ensuite dans un vaste fjord, où une sortie en zodiac est organisée. Pendant plus de deux heures, l’embarcations progressent jusqu’au fond du fjord, fermé par un impressionnant cirque naturel. Un débarquement permet de prendre de la hauteur et d’observer ce paysage dans un silence presque total.
À mesure que le jour décline, la lumière devient plus douce et rasante, typiquement arctique, donnant aux reliefs des teintes subtiles et presque irréelles.
Sur le chemin du retour, deux pygargues à queue blanche apparaissent dans le ciel, un adulte et un juvénile, planant au-dessus des eaux calmes.
De retour à bord, l’ambiance devient plus chaleureuse. Un apéritif est proposé, accompagné de canapés, tandis que certains profitent du jacuzzi et du spa, contraste saisissant avec l’environnement extérieur.
Le dîner vient clore cette journée riche, et chacun regagne sa cabine pour se reposer.
Dans la nuit, le navire reprend sa route vers le nord, poursuivant sa progression vers l’extrême nord de la Norvège, à l’approche du Cap Nord et de la tempête annoncée.
Nous arrivons dans le village de Gjesvær, où nous débarquons après un petit-déjeuner pris à 9h. Un taxi nous attend pour nous conduire vers le mythique Cap Nord, l’un des points les plus emblématiques d’Europe.
Pendant environ 50 minutes de route, nous traversons des paysages grandioses : une toundra infinie, des collines enneigées balayées par le vent. Malgré des conditions hivernales marquées, la visibilité est excellente et sublime les reliefs.
À notre arrivée au Cap Nord, le décor est spectaculaire mais rude. Le vent souffle violemment, la glace recouvre les surfaces, et nous devons chausser des crampons pour avancer. En cette fin mars, seuls quelques sentiers sont accessibles. Nous progressons difficilement, poussés par des rafales atteignant près de 100 km/h. Les falaises sont impressionnantes. En contrebas, dans les eaux des fjords, nous apercevons même quelques baleines à bosse. Nous visitons ensuite le musée du Cap Nord, qui retrace la vie saisonnière dans cette région extrême, notamment celle du peuple sami.
Puis nous reprenons la route en direction de Honningsvåg, où notre bateau nous attend. Le vent s’est fortement levé, rendant impossible le maintien à l’ancre à Gjesvær. Nous achevons ainsi notre découverte de l’île de Magerøya avant de regagner le navire vers 12h30.
Nous reprenons la mer en direction de l’archipel de Gjesværstappan, un site réputé pour ses impressionnantes colonies d’oiseaux marins. À l’approche des îles, la vie sauvage s’impose immédiatement : guillemots, macareux moines et fous de Bassan. Le spectacle est dense et permanent.
Nous tentons une mise à l’eau en zodiac, mais une houle résiduelle entre un et un mètre cinquante rend la manœuvre trop risquée. Nous poursuivons donc l’observation depuis le navire.
En fin de journée, une tentative de pêche au cabillaud est organisée le long d’un tombant, sans succès. La soirée s’installe tranquillement : jacuzzi pour certains, apéritif au salon pour d’autres. Le dîner conclut la journée, avec une arrivée prévue à Hammerfest le lendemain.
Nous nous réveillons à quai à Hammerfest. Après un petit-déjeuner à 8h, nous partons en randonnée à 9h. Nous traversons la ville par le rivage, puis prenons de la hauteur vers les plateaux. Les sentiers étant très glacés, nous optons pour une route plus sûre afin d’atteindre la toundra.
En altitude, le vent souffle entre 30 et 40 nœuds et la pluie s’installe. Nous observons les enclos estivaux des rennes samis avant de redescendre.
La randonnée, d’environ 10 km, est une belle exploration malgré les conditions.
Nous déjeunons à quai avant de reprendre la mer dans des conditions soutenues : vent de 40 à 45 nœuds et mer formée. Nous mettons cap au sud en longeant la côte est du parc national de Seiland. Entre 14h et 15h30, Benjamin donne une conférence sur les courants marins, les climats arctiques et les aurores boréales. La navigation se poursuit sous la pluie et un vent de 25 à 30 nœuds. En fin de journée, jacuzzi pour les plus courageux, puis apéritif norvégien avec aquavit et bière locale.
Au matin, nous nous réveillons à Skjervøy sous un temps particulièrement mauvais. Après un petit déjeuner à 8h, nous partons visiter une usine de transformation de saumon atlantique qui possède ses propres élevages. La visite est extrêmement instructive : nous découvrons des bateaux capables de transférer les saumons entre bassins de pisciculture grâce à des systèmes d’aspiration. Toute la chaîne de transformation nous est présentée, jusqu’à la fabrication de caisses hermétiques isothermes. Les saumons, abattus sur place, sont expédiés vers Helsinki puis arrivent sur les étals japonais seulement 36 heures plus tard. La croissance est tout aussi impressionnante : de l’état d’alevin à environ 6 à 7 kg en trois ans. L’usine traite près de 20 000 saumons par jour, une échelle difficile à imaginer.
De retour au bateau, nous traversons les rues du village avant de mettre le cap vers l’île de Follesoya. Après le déjeuner, nous partons pour une randonnée dans cette réserve naturelle. Nous débarquons sur un côté de l’île et la traversons à pied sur un tapis de camarines ponctué de bouleaux jaunes. Au fil de la marche, nous levons plusieurs compagnies de lagopèdes, observons des aigles à queue blanche dans le ciel et des phoques sur le littoral. Il y a beaucoup de visibilité et les lumières sur les montagnes sont magnifiques. De retour à bord, nous assistons à une conférence sur les baleines à bosse avant de partager un apéro-quiz sur les aurores boréales et les courants marins puis dîner. Nous mettons ensuite le cap vers Havnnes.
Après le petit déjeuner, nous débarquons à 9h à Havnnes, sur l’île d’Ulisuolu. Le village, plein de charme et de couleurs, nous accueille sous une belle éclaircie offrant une vue remarquable sur toute la chaîne des Alpes de Lyngen. Nous empruntons un sentier dégagé de neige et marchons environ deux à trois kilomètres avant de revenir vers le village. Nous y observons des séchoirs à morue où de nombreux poissons sont suspendus pour le séchage. Un pêcheur local nous explique le processus et la destination de ces poissons. Nous visitons ensuite le centre du village, avec un petit musée ouvert spécialement pour nous. Avant de repartir, nous apercevons dans le fjord un groupe de globicéphales. La matinée passe très vite et il est déjà plus de midi lorsque nous regagnons le bateau.
Pendant le déjeuner, nous prenons la mer en direction de l’île de Aroya, une autre réserve naturelle. En début d’après-midi, nous partons pour une randonnée depuis une baie, traversant l’île d’ouest en est par un chemin bien tracé. Le retour s’effectue par le littoral, sur un tapis de camarines et à travers des forêts de bouleaux jaunes déjà dégagées de neige. Nous regagnons le bateau juste avant l’arrivée des flocons. Lors de l’apéritif, Morgane anime un quiz sur les baleines à bosse, avant le dîner. La soirée se poursuit par une pêche nocturne à la morue : quelques prises sont ramenées à bord et serviront pour les repas suivants.
Au matin, nous débarquons sur l’île de Karløya, une réserve naturelle habitée. Nous sommes déposés au nord de l’île et la traversons d’abord dans un épais manteau neigeux, puis dans une magnifique vallée de bouleaux jaunes. De nombreuses traces d’orignaux jalonnent notre parcours, certains troncs étant marqués jusqu’à 2,5 mètres de hauteur par le panache des mâles. Nous sommes surpris de rencontrer ces grands ongulés à une latitude aussi élevée et sur un territoire insulaire. Après avoir franchi le sommet de l’île, nous atteignons le village où le navire vient nous récupérer.
Nous mettons ensuite le cap sur un haut-fond pour tenter une nouvelle session de pêche au cabillaud. Après le déjeuner, nous pêchons depuis le pont, mais les résultats sont modestes. Nous reprenons alors la route vers le sud, en direction de Tromsø. À 15h45, Benjamin donne une conférence sur les orques et odontocètes. Cette conférence est suivie d’un cocktail de l’aurevoir et du dîner. Nous arrivons à Tromso vers 20h et certains sortent en ville avant les valises et le départ du lendemain.
Ainsi s’achève ce voyage au Cap Nord, marqué par des conditions météorologiques changeantes, des lumières sombres et contrastées, et ces apparitions furtives propres aux paysages du Grand Nord. Les archipels, la mer et les hautes latitudes lapones composent un environnement à la fois exigeant et profondément saisissant.
Suivez nos voyages en cours, grâce aux carnets de voyages rédigés par nos guides.
Messages
Il n'y a pas de messages pour le moment
N'hésitez pas à leur en laisser un !