Xavier Allard
Arctique
7 mars
15 mars 2026
Xavier Allard
Arctique
Après nos vols, nous arrivons à Tromsø, ville norvégienne située au-delà du cercle polaire arctique. Nous rejoignons notre navire, l’Explorer, qui nous attend en centre-ville, au quai numéro 8. L’embarquement se fait progressivement en fin d’après-midi, au fil des arrivées. Nous sommes accueillis chaleureusement par notre guide Xavier et Morgane, notre stewardesse.
Plusieurs briefings nous permettent de prendre nos marques à bord et de faire connaissance avec l’équipage et le reste du groupe. Le navire reste à quai pour la nuit, offrant une première occasion de découvrir Tromsø et de s’imprégner de l’atmosphère arctique qui marque le début de notre voyage.
Le matin, nous avons traversé le pont de Tromsø pour rejoindre la célèbre cathédrale arctique. Construite en 1965, cette œuvre architecturale emblématique présente une silhouette unique qui évoque les paysages glacés de la Norvège. Ses lignes modernes et épurées semblent se fondre parfaitement dans l’environnement naturel. Conçue pour rendre hommage à la lumière et à la beauté de l’Arctique, sa construction a représenté un véritable défi dans un environnement aussi extrême.
Nous avons ensuite poursuivi notre matinée afin de rejoindre le téléphérique. À plus de 400 mètres d’altitude, une vue panoramique spectaculaire s’est offerte à nous : la ville de Tromsø, l’île qui la porte et les fjords environnants s’étendaient devant nos yeux dans toute leur majesté glacée. Tromsø, surnommée « la porte de l’Arctique », est un lieu stratégique qui fut autrefois un centre de chasse à la baleine et un point de départ pour de nombreuses expéditions arctiques.
Dans l’après-midi, nous avons entamé notre exploration du centre-ville de Tromsø lors d’une visite guidée en compagnie de Xavier. Il nous a raconté l’histoire fascinante de cette ville, fondée au XIIᵉ siècle, qui fut longtemps un centre commercial et un carrefour maritime essentiel pour le commerce dans l’Arctique.
Nous avons découvert plusieurs lieux incontournables, comme la statue de l’explorateur Roald Amundsen, l’un des plus grands héros de l’histoire de l’exploration polaire, ainsi que la cathédrale en bois datant de 1862, symbole de l’héritage religieux de la ville. Nous avons également admiré la bibliothèque, bâtiment moderne abritant une riche collection de savoirs, ainsi que la mairie, témoin du développement urbain de Tromsø.
La visite s’est achevée au musée de l’Expédition polaire, où Xavier, avec enthousiasme, nous a fait revivre les récits d’explorateurs et de trappeurs partis à la conquête des confins de l’Arctique. Ce musée met en lumière l’histoire des grandes expéditions polaires et nous plonge dans l’époque où Tromsø était un point de départ majeur pour ces aventures audacieuses.
À 17h30, le navire a quitté le quai en direction des Lofoten. Nous avons pris un apéritif pendant que Xavier nous présentait le programme de la semaine à venir et celui du lendemain. La soirée s’est achevée en beauté : nous avons été gâtés par de magnifiques aurores boréales, illuminant le ciel et dansant au-dessus de nous.
Ce matin, après une nuit de navigation, nous voilà au nord des Vesterålen, à l’extrémité de l’île d’Andøya. Nous naviguons à la recherche des souffles de baleines lorsque Xavier nous annonce avoir repéré celui d’un cachalot. Le bateau met alors le cap dans sa direction. Bientôt, nous distinguons l’animal qui plonge lentement, dévoilant sa nageoire caudale avant de disparaître dans les profondeurs.
Nous poursuivons ensuite notre exploration. Sous notre coque s’étend un canyon sous-marin spectaculaire : le canyon d’Andøy, creusé par un ancien glacier. Ce profond canyon abyssal, situé dans la mer de Norvège, atteint jusqu’à 500 mètres de profondeur. La concentration exceptionnelle de nutriments y attire une grande variété de proies, créant un écosystème florissant qui soutient de nombreux prédateurs marins.
Durant toute la matinée, nous observons une dizaine de cachalots qui se reposent à la surface avant de sonder et de nous dévoiler leur immense nageoire caudale.
Après le déjeuner, le bateau met le cap vers les îles de Grotavaer. Malheureusement, le vent s’est fortement renforcé : il souffle à plus de 70 km/h et la pluie tombe abondamment. Xavier nous annonce alors que les conditions de sécurité ne sont pas suffisantes pour sortir le zodiac.
Nous poursuivons la navigation et passons par le chenal de Risøysundet, un étroit passage au sud de l’île d’Andøya. Durant la navigation, nous montons à la passerelle et observons différentes espèces d’oiseaux qui commencent à arriver de leur migration, tels que les harles huppés, les eiders ou encore les guillemots.
Xavier nous invite ensuite à une conférence sur les mammifères marins. Nous apprenons beaucoup de choses sur ce groupe fascinant.
Plus tard, nous faisons une partie de pêche, mais la météo n’est pas idéale et un seul poisson sera pêché.
Durant toute la nuit, le bateau naviguera en direction des Lofoten et du village de Reine. Certains auront la chance d’observer de belles aurores boréales vers 2 heures du matin.
Nous nous réveillons à l’abri du port de Reine, l’un des villages les plus emblématiques et spectaculaires des îles Lofoten. Situé au sud de l’archipel, Reine est enchâssé entre des montagnes abruptes aux arêtes acérées, qui plongent directement dans les eaux calmes et turquoise des fjords. Malgré la neige qui tombe doucement, l’atmosphère est paisible, presque feutrée. Les sommets environnants sont bien visibles.
Xavier nous réveille à 7 h et nous invite à sortir visiter Reine avant le petit-déjeuner, car la météo doit se dégrader en fin de matinée.
Reine est célèbre pour ses rorbuer, ces anciennes cabanes de pêcheurs peintes de rouge, d’ocre et de jaune, devenues l’un des symboles visuels des Lofoten. Ici, tout rappelle l’importance historique de la pêche au cabillaud, activité fondatrice de la région depuis plusieurs siècles. Chaque hiver, le skrei, cabillaud migrateur venu de la mer de Barents, rejoint les fjords des Lofoten pour se reproduire. Cette migration spectaculaire a façonné l’économie locale et le mode de vie des habitants, et reste encore aujourd’hui au cœur de l’identité de Reine.
La pluie commence à tomber lorsque nous embarquons à bord du zodiac. Nous longeons le village, ses rorbuer alignés au bord de l’eau, ses anciennes usines de transformation du poisson et plusieurs bateaux de pêche traditionnels du début du XXe siècle, véritables témoins d’un autre temps. Le silence est à peine troublé par le clapotis de l’eau et le souffle discret du vent. Reine dégage une atmosphère presque irréelle, qui explique pourquoi tant d’artistes et de photographes ont puisé leur inspiration dans ces paysages.
Nous faisons ensuite une courte marche dans la neige jusqu’à un point culminant dominant le fjord. Peu à peu, la pluie s’apaise, le ciel s’éclaircit et, comme par magie, les montagnes se dévoilent. Les pics déchiquetés apparaissent dans toute leur verticalité, encadrant le fjord ponctué de maisons colorées.
Nous reprenons le zodiac en direction des hameaux isolés de Kirkefjord. Ses petits villages se révèlent au fil de l’eau, discrets, presque secrets. À mesure que le ciel se dégage, les montagnes se découvrent, offrant un spectacle grandiose, brut et profondément apaisant. Nous observons plusieurs aigles pêcheurs, dont deux qui nous survolent pendant de longues minutes.
Notre exploration se poursuit jusqu’au village de Hamnøy. Son petit port pittoresque, avec ses hangars sur pilotis et ses rorbuer serrés au pied des falaises, témoigne de l’intense passé maritime de la région. Le zodiac poursuit lentement son périple, laissant à chacun le temps d’observer, de photographier ou simplement de contempler. Nous gravissons ensuite un point de vue qui nous offre un superbe panorama sur les montagnes et les villages alentours.
Après le déjeuner, le navire met le cap sur Nusfjord, à environ une heure de navigation à travers des paysages encaissés et sauvages. À l’arrivée, nous débarquons dans un petit port parfaitement abrité du vent et de la houle. Nusfjord est l’un des plus anciens villages de pêcheurs des Lofoten, aujourd’hui classé et préservé comme un véritable musée à ciel ouvert. Les rorbuer, les entrepôts à poisson et les hangars à bateaux racontent la vie rude des pêcheurs de cabillaud au début du XXe siècle.
Nous visitons la scierie, la forge et le hangar à bateaux, avant d’assister à la projection d’un film retraçant le quotidien de ces hommes de mer. Puis, une courte ascension nous mène à un point de vue dominant le village et le fjord alentour. La vue est superbe, empreinte de calme et d’authenticité.
La visite se conclut par une pause dans un petit café historique, construit en 1907. Autour d’une boisson chaude et de pâtisseries maison, nous savourons l’atmosphère chaleureuse et hors du temps de ce lieu chargé d’histoire. Certains, accompagnés de Xavier, poursuivent ensuite la balade le long de la côte.
De retour à bord, le navire reprend la mer. Les conditions sont calmes et certains d’entre nous profitent de cette quiétude pour mettre leur ligne à l’eau. Plusieurs cabillauds et lieus noirs sont pêchés, dont un superbe spécimen de plus de 10 kg.
Après le dîner, Xavier vide et prépare les poissons. Puis Morgane nous invite, en guise de dessert, à goûter le brunost servi dans des crêpes chaudes.
Le matin se lève dans une lumière brumeuse et pluvieuse.
Nous embarquons en zodiac vers le village de Henningsvær, glissant sur une mer calme. À l’approche du port, le décor impressionne : maisons colorées, montagnes abruptes et eaux cristallines composent une scène d’une grande harmonie. Les façades se reflètent paisiblement dans l’eau tranquille, baignée d’une lumière diffuse.
Henningsvær s’est construit autour de la morue séchée, une activité qui demeure aujourd’hui essentielle. Les bateaux accostent régulièrement pour décharger leurs prises. Le cabillaud est nettoyé puis suspendu sur d’immenses séchoirs en bois exposés au vent marin. Notre promenade nous permet de suivre les différentes étapes de ce processus ancestral, face au panorama spectaculaire du Vestfjord.
À l’heure du déjeuner, nous retrouvons L’Explorer, qui met ensuite le cap vers l’île de Skrova.
L’après-midi, une plage de sable blanc nous accueille pour une première escale. Les eaux turquoise contrastent étonnamment avec la saison hivernale. Sur le sable humide apparaissent des traces de Eurasian otter, mais les animaux restent invisibles.
Nous poursuivons notre navigation vers le centre de Skrova en contournant le phare solidement ancré sur son promontoire rocheux.
Surnommée « l’île de la baleine », Skrova doit ce nom à son passé lié à la chasse aux cétacés. Le village, peuplé d’environ deux cents habitants, conserve les traces de cette époque qui a profondément marqué son identité. À l’approche du port, la statue de Fiskerkona statue se détache sur l’horizon. Haute de cinq mètres, elle incarne l’attente silencieuse et courageuse des femmes guettant le retour de leurs maris partis en mer un hommage poignant à l’histoire humaine et maritime des Lofoten.
Après l’amarrage, une courte promenade nous mène jusqu’à Svolvær, principale ville de l’archipel. Autrefois simple village de pêcheurs, elle est aujourd’hui un centre culturel et touristique animé.
Nous visitons ensuite Magic Ice Lofoten, un bar entièrement sculpté dans la glace et maintenu à température négative toute l’année. Emmitouflés dans des ponchos thermiques, nous dégustons des cocktails servis dans des verres de glace, entourés de sculptures inspirées des paysages et des traditions locales.
Ce matin, le temps est couvert. Nous partons en zodiac pour découvrir l’île de Sandøya. Un débarquement et une courte marche nous conduisent vers un beau point de vue. La pluie arrive et c’est le déluge durant plus d’une heure.
Nous passons ensuite entre des élevages de milliers de saumons avant de débarquer sur une île où quelques familles élèvent des animaux de ferme. Le paysage de sable et de petites maisons rouges est très typique. Nous regagnons ensuite l’Explorer. Nous naviguons dans un détroit spectaculaire reliant les archipels des Lofoten et des Vesterålen. Ce passage maritime est réputé pour ses paysages grandioses et ses variations de lumière saisissantes.
Nous arrivons vers 11 h 45 devant le célèbre Trollfjord. Nous embarquons à nouveau à bord des zodiacs pour pénétrer dans ce fjord emblématique du comté de Nordland. Long de seulement 2,7 kilomètres et parfois large de moins de cent mètres, il impressionne par ses falaises abruptes et vertigineuses qui semblent se refermer sur nous. Le Trollfjord est profondément ancré dans la culture norvégienne, inspirant artistes, écrivains et légendes locales.
Nous effectuons cette navigation accompagnés de l’Explorer, qui nous donne une véritable échelle de ce fjord étroit.
Nous débarquons près de la centrale hydroélectrique, entièrement recouverte d’une épaisse couche de neige, témoin discret de l’ingéniosité norvégienne pour exploiter les ressources naturelles dans des environnements extrêmes. Le soleil arrive et nous réchauffe durant tout l’après-midi. L’atmosphère est presque irréelle, hors du temps.
En début d’après-midi, nous traversons le majestueux Vestfjord avant d’apercevoir les sommets spectaculaires des Alpes de Bodø. Les montagnes se dressent abruptement hors de la mer, leurs cimes enneigées contrastant avec les eaux sombres du fjord.
Durant cette navigation houleuse, avec des creux de près de 3 mètres, Xavier nous propose une conférence consacrée aux aurores boréales. Il nous explique que ce phénomène fascinant se produit lorsque des particules chargées émises par le Soleil — le vent solaire — entrent en collision avec les gaz de la haute atmosphère terrestre. Ces interactions libèrent de l’énergie sous forme de lumières colorées, le plus souvent vertes, mais parfois roses ou violettes. Les régions proches du cercle polaire, comme ici dans le nord de la Norvège, comptent parmi les meilleurs endroits au monde pour les observer, surtout lors des nuits claires et froides.
Vers 15 h 20, le gardien du phare nous accueille chaleureusement. Ici, les forêts sont plus denses que dans les Lofoten, ce qui fait de la région un habitat privilégié pour les cervidés et les lynx.
La tour du phare, haute de 28 mètres, se dresse fièrement face à la mer. Nous gravissons ses 83 marches avant d’atteindre les différents étages. Le gardien nous explique le fonctionnement du phare et de son ancienne corne de brume, capable d’émettre un signal sonore audible jusqu’à 30 kilomètres lors des épais brouillards.
Du haut de la tour, la vue est spectaculaire : les Lofoten se dessinent à l’horizon, entourées de montagnes escarpées et d’îlots battus par les vents.
La visite se poursuit dans l’un des bâtiments annexes où nous pouvons nous réchauffer autour d’un roulé à la cannelle, spécialité norvégienne, accompagné d’un café bienvenu. Le gardien partage avec nous l’histoire du site et la vie autrefois menée par les trois gardiens du phare. Dans l’une des maisons conservées en l’état, le mobilier d’origine comme la table en formica nous plonge dans une autre époque. L’atmosphère du lieu, isolé face à l’immensité marine, est empreinte de nostalgie et d’authenticité.
De retour à bord après cette journée riche en découvertes, le bateau met le cap, en fin de journée, vers les majestueuses Alpes de Lyngen.
Après une nuit de navigation dans le passage intérieur, nous nous trouvons au sud de Tromsø. Durant le petit déjeuner, nous profitons de la vue sur le grand pont de la ville, sur la célèbre Cathédrale arctique de Tromsø ainsi que sur le centre urbain qui s’étend au bord de l’eau.
Pendant la navigation, Xavier nous propose deux conférences. La première est consacrée à la circulation thermohaline. Il nous explique comment le Gulf Stream et la dérive nord-atlantique influencent directement le climat de ces hautes latitudes, adoucissant les températures côtières et jouant un rôle essentiel dans la richesse biologique des fjords. À l’aide de cartes et de schémas, il détaille les mécanismes des échanges thermiques, la formation des masses d’eau et leur impact sur la navigation et les écosystèmes arctiques.
La seconde conférence est consacrée à la mythologie nordique. Xavier évoque les figures d’Odin, Thor et Loki, ainsi que l’arbre-monde Yggdrasil, au cœur d’un univers peuplé de dieux, de géants et de héros liés aux forces de la nature. Les aurores boréales y occupent une place particulière, parfois perçues comme les reflets des armures des Valkyries guidant les âmes des guerriers vers le Valhalla. Ces récits confèrent une dimension mystique aux paysages arctiques que nous traversons.
À la fin de la conférence, une information nous est communiquée par les gardes côtes : l’accès à l’île de Karlsøy nous est finalement refusé. Les autorités norvégiennes, en coordination avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), ont fermé temporairement la zone car un exercice militaire est en cours dans le fjord. Plusieurs unités navales et aériennes participent à cet entraînement dans le nord de la Norvège.
Ces manœuvres s’inscrivent dans le cadre d’exercices de grande ampleur organisés régulièrement par l’OTAN dans l’Arctique, notamment l’exercice Cold Response 2026, qui rassemble plusieurs dizaines de milliers de soldats de pays alliés afin de s’entraîner aux opérations en milieu arctique et de renforcer la coopération entre armées.
Le contexte international explique l’importance de ces entraînements. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, la sécurité en Europe s’est fortement tendue. Les pays membres de l’OTAN ont renforcé leur présence militaire et leur préparation, en particulier dans les régions nordiques proches de la péninsule de Kola, où se trouvent d’importantes bases militaires russes.
Xavier réagis rapidement et nous prenons directions des Iles Follesoyan dans le massif des Alpes de Lyngen. Sous un ciel dégagé, la lumière hivernale révèle ces sommets abrupts qui plongent directement dans les fjords. Ici, la roche et la mer semblent se défier dans un contraste saisissant, caractéristique des paysages du nord de la Norvège. Le thermomètre affiche +8 °C et le soleil apparaît, promettant une belle après-midi.
Nous embarquons ensuite à bord des zodiacs en direction de l’île de Follessøyan, point de départ de notre randonnée en raquettes. À mesure que nous nous approchons, la chaîne des Alpes de Lyngen se dresse derrière nous comme un rempart spectaculaire. Une fois à terre, Xavier ouvre la marche et nous accompagne de ses explications tout au long de la balade.
Notre itinéraire suit d’abord le littoral, ourlé de bouleaux blancs qui contrastent avec la blancheur éclatante du sol. Puis nous progressons vers l’intérieur de l’île, à travers un sous-bois mêlant mélèzes et pins. Les explications du guide éclairent notre observation : le mélèze, rare conifère caduc, perd ses aiguilles en hiver, tandis que le pin les conserve et garde sa teinte profonde malgré le froid mordant. Deux stratégies différentes pour survivre dans cet environnement exigeant.
Le silence est presque total, rompu seulement par le frottement régulier des raquettes sur la neige sèche. Au sommet, la récompense est à la hauteur de l’effort : fjords étincelants, îlots épars et reliefs acérés se succèdent à perte de vue sous un ciel d’un bleu limpide.
Après cette pause contemplative, nous redescendons vers la côte. Un petit chalet et son ponton se reflètent dans une mer d’huile. Un zodiac envoyé par l’équipage du Grand Explorer nous ramène au navire.
Le bateau met ensuite le cap vers le village d’Hamnnes, sous un ciel qui se teinte de couleurs pastel. Nous scrutons le ciel dans l’espoir d’apercevoir des aurores boréales, mais celui-ci restera voilé toute la nuit.
Après une heure de navigation, nous atteignons la région des Lyngen. Le bateau se positionne face à l’île d’Aroy. Après le petit déjeuner, nous embarquons en zodiac pour débarquer dans une petite baie. La mer est calme.
Nous chaussons nos raquettes et suivons Xavier à travers une forêt de bouleaux. Il nous parle de la forêt boréale ainsi que des anciens blockhaus datant de la Seconde Guerre mondiale. Nous sortons ensuite de la forêt et zigzaguons sur un plateau enneigé. Le soleil illumine le paysage, offrant une ambiance magnifique à notre balade. Le relief du massif des Lyngen se découpe dans la brume.
De retour au bateau, nous naviguons dans la baie de la Gorge, entourés de falaises vertigineuses de plus de 800 mètres plongeant à pic dans la mer.
Après le déjeuner, nous repartons en zodiac à la découverte du village de Hamnnes. Xavier nous explique que la vie locale est principalement tournée vers l’élevage de vaches et le tourisme. Hamnnes, petit village de la commune de Lyngen, possède une riche histoire en tant que centre de pêche traditionnel.
Depuis des siècles, la pêche à la morue y façonne la culture locale. Nous visitons un hangar où sont stockés des milliers de poissons séchés. Les structures typiques du village — hangars et séchoirs à morue — témoignent de cette activité. Ces bâtiments en bois, souvent rouges, sont devenus des symboles du patrimoine maritime et de la résilience face aux rigueurs du climat arctique.
Grâce à sa situation idéale entre mer et montagnes, Hamnnes a également servi de point de départ pour des explorations maritimes et commerciales vers d’autres régions de Norvège et au-delà. Le village a conservé tout son charme, avec ses maisons traditionnelles, sa petite boutique pittoresque et ses paysages spectaculaires.
En parcourant ses ruelles, on imagine facilement la vie des pêcheurs et des explorateurs d’autrefois. L’atmosphère invite à un véritable voyage dans le passé, une immersion dans une vie simple mais exigeante. Si la région a joué un rôle stratégique pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est aujourd’hui un lieu paisible, rythmé par les marées et les saisons.
Certains prolongent l’excursion en suivant Xavier le long de la côte pour une balade panoramique face aux Alpes de Lyngen.
À 18h30, Xavier nous propose une conférence sur la nivologie. Nous découvrons de nombreux aspects de la neige, son évolution et son rôle dans les écosystèmes et le climat.
À 19h30, un verre de l’amitié est servi, suivi d’une projection de photos réalisées par Xavier durant le séjour.
Pour conclure notre séjour, le ciel nous offre un spectacle que nous n’oublierons jamais : de magnifiques aurores boréales illuminent la nuit de leurs lueurs vertes, parfois teintées de rouge. Elles dansent pendant des heures au-dessus du navire… Quelle magie !
C’est avec un pincement au cœur que nous quittons le bateau et son équipage pour rejoindre l’aéroport. Les souvenirs de ces paysages grandioses, des aventures en mer et des moments partagés resteront gravés dans nos mémoires.
Un grand merci à tous ceux qui ont contribué à faire de ce voyage une expérience inoubliable.
Suivez nos voyages en cours, grâce aux carnets de voyages rédigés par nos guides.
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