Xavier Allard
Arctique
24 janvier
31 janvier 2026
Xavier Allard
Arctique
Après nos vols, nous arrivons à Tromsø, ville norvégienne située au-delà du cercle polaire arctique. Nous rejoignons notre navire, l’Explorer, qui nous attend en centre-ville, au quai numéro 8. L’embarquement se fait progressivement en fin d’après-midi, au fil des arrivées. Nous sommes accueillis chaleureusement par notre guide Xavier et Morgane, notre stewardesse.

La nuit est déjà tombée : en cette fin janvier, les journées sont encore très courtes au-delà du 69ᵉ parallèle nord. Plusieurs briefings nous permettent de prendre nos marques à bord, avant de savourer quelques amuses bouches et boire un verre de bienvenue pour célébrer notre arrivée sur le Grand Explorer. Nous restons à quai pour le dîner, au menu des coquilles St jacques et du saumon, spécialité typiquement norvégienne.
Nous avons entamé notre journée en explorant Tromsø, une ville riche d’histoire et de culture. Première étape : une visite guidée du centre-ville en compagnie de Xavier. Il nous a raconté l’histoire fascinante de Tromsø, fondée au XIIᵉ siècle, qui fut longtemps un centre commercial et un carrefour maritime essentiel pour le commerce dans l’Arctique.
Nous avons découvert des lieux incontournables, comme la statue de l’explorateur Roald Amundsen, l’un des plus grands héros de l’histoire de l’exploration polaire, ainsi que la cathédrale en bois datant de 1862, symbole de l’héritage religieux de la ville.
Nous avons également admiré la bibliothèque, bâtiment moderne abritant une riche collection de savoirs, et la mairie, témoin du développement urbain de Tromsø.

La visite s’est achevée au musée de l’Expédition polaire, où Xavier, avec enthousiasme, nous a fait revivre les récits d’explorateurs et de trappeurs partis à la conquête des confins de l’Arctique. Ce musée met en lumière l’histoire des grandes expéditions polaires et nous plonge dans l’époque où Tromsø était un point de départ majeur pour ces aventures audacieuses.
De retour à bord, nous avons pris un déjeuner rapide, avant de repartir en taxi pour rejoindre le téléphérique.
À plus de 400 mètres d’altitude, une vue panoramique spectaculaire s’est offerte à nous : la ville de Tromsø, l’île qui la porte et les fjords environnants s’étendaient devant nos yeux dans toute leur majesté glacée. Tromsø, surnommée « la porte de l’Arctique », est un lieu stratégique qui fut autrefois un centre de chasse à la baleine et un point de départ pour de nombreuses expéditions arctiques. C’est également ici que se trouve la plus grande cathédrale arctique du monde.

Nous avons ensuite fait halte à la cathédrale arctique, œuvre architecturale emblématique construite en 1965. Sa silhouette unique évoque les paysages glacés de la Norvège : des lignes modernes et épurées qui semblent se fondre parfaitement dans l’environnement naturel. Conçue pour rendre hommage à la lumière et à la beauté de l’Arctique, sa construction a représenté un véritable défi dans un environnement aussi extrême.
Après avoir traversé le pont de Tromsø, nous avons profité d’un temps libre pour faire quelques achats.
À 17h30, le navire a quitté le quai en direction des Lofoten. Nous avons pris un apéritif pendant que Xavier nous présentait le programme de la semaine à venir et celui du lendemain. La soirée s’est achevée en beauté : nous avons été gâtés par de magnifiques aurores boréales, illuminant le ciel et dansant au-dessus de nous.

Nous nous réveillons face à l’île de Sandøya, baignée d’une lumière hivernale douce et silencieuse. Après le petit-déjeuner, les zodiacs sont mis à l’eau : l’excitation est palpable pour cette première sortie de la croisière.
Nous passons près de grands élevages de saumon. Xavier nous explique la gestion de ses élevages en Norvège. En approchant de la plage de sable blanc de Sandøya, nous faisons notre première rencontre animalière : quelques phoques communs. Discrets mais curieux, ils émergent brièvement à la surface avant de replonger. Cette espèce, la plus répandue en Norvège avec environ 7 000 individus, semble ici parfaitement à son aise. Nous les laissons rapidement reprendre leur pêche, probablement du cabillaud, abondant dans ces eaux, avant de débarquer dans une superbe crique aux eaux limpides.

Une courte marche nous conduit au sommet de ce petit îlot. De là-haut, le panorama sur l’Ingelsfjord est saisissant. Sur un îlot voisin, plusieurs cormorans huppés sèchent leurs ailes après leurs plongées. La météo est idéale : la lumière est douce, les couleurs pastel mauves, jaunes et rosées se reflètent sur l’eau calme. Les sommets enneigés, miroitant dans le fjord, composent un tableau d’une beauté presque irréelle. Nous continuons par une belle navigation en zodiac dans l’Ingelsfjord.
Nous regagnons ensuite l’Explorer pour le déjeuner. George, notre chef italien, nous régale avec de délicieuses côtelettes d’agneau accompagnées de polenta. Le repas se déroule pendant la navigation dans le Raftsundet, jusqu’à notre arrivée devant le Trollfjord vers 14 heures.
Nous embarquons à nouveau à bord des zodiacs pour pénétrer dans ce fjord emblématique du comté de Nordland. Long de seulement deux kilomètres et particulièrement étroit, il impressionne par ses falaises abruptes qui semblent se refermer sur nous. Le site est réputé pour son caractère spectaculaire, mais aussi pour la présence de plusieurs couples de pygargues à queue blanche. Ces majestueux rapaces, les plus grands d’Europe, peuvent atteindre jusqu’à 2,50 mètres d’envergure. Opportunistes, ils se nourrissent principalement de poissons, mais savent aussi tirer profit de toute occasion.

Après avoir longuement profité du lieu et multiplié les observations ornithologiques, nous débarquons près de la centrale hydroélectrique, entièrement recouverte d’une épaisse couche de neige. Puis, nous explorons un bras de fjord voisin, jusqu’à ce qu’une solide barrière de glace nous bloque littéralement le passage. La lumière y est diffuse, douce, teintée de nuances pastel. L’atmosphère est presque irréelle.
De retour à bord vers 16 heures, une boisson chaude et un succulent gâteau au chocolat nous attendent. Pendant que l’Explorer met le cap sur Svolvær, Xavier nous propose une conférence passionnante sur l’histoire de la Norvège. Tous sont attentifs à ses récits, riches et captivants, un véritable moment de plaisir et de partage.
À l’approche du port, la statue de la Femme du pêcheur se dresse à l’entrée de la ville. Haute de cinq mètres, elle symbolise l’attente silencieuse des épouses guettant le retour de leurs maris partis en mer. Après l’amarrage, nous partons pour une courte visite de Svolvær, avant de découvrir le Magic Ice Lofoten : un bar entièrement sculpté dans la glace, où les cocktails sont servis dans des verres gelés, au milieu de sculptures inspirées de la culture locale, équipés de ponchos thermiques.

La soirée se poursuit autour du dîner, puis chacun espère apercevoir les aurores boréales danser dans le ciel arctique. Une nouvelle journée riche en émotions s’achève, gravée dans nos mémoires.
Nous nous réveillons à l’abri du port de Reine, l’un des villages les plus emblématiques et spectaculaires des îles Lofoten. Situé au sud de l’archipel, Reine est enchâssé entre des montagnes abruptes aux arêtes acérées, qui plongent directement dans les eaux calmes et turquoise des fjords. Malgré la neige qui tombe doucement, l’atmosphère est paisible, presque feutrée. Les sommets environnants se devinent à peine, dissimulés derrière un voile blanc.
Reine est célèbre pour ses rorbuer, ces anciennes cabanes de pêcheurs peintes de rouge, d’ocre et de jaune, devenues l’un des symboles visuels des Lofoten. Ici, tout rappelle l’importance historique de la pêche au cabillaud, activité fondatrice de la région depuis plusieurs siècles. Chaque hiver, le « skrei », cabillaud migrateur venu de la mer de Barents, rejoint les fjords des Lofoten pour se reproduire. Cette migration spectaculaire a façonné l’économie locale et le mode de vie des habitants, et reste encore aujourd’hui au cœur de l’identité de Reine.

La neige continue de tomber lorsque nous embarquons à bord du zodiac. Nous longeons le village, ses rorbuer alignés au bord de l’eau, ses anciennes usines de transformation du poisson et plusieurs bateaux de pêche traditionnels du début du XXe siècle, véritables témoins d’un autre temps. Le silence est à peine troublé par le clapotis de l’eau et le souffle discret du vent. Reine dégage une atmosphère presque irréelle, qui explique pourquoi tant d’artistes et de photographes ont puisé leur inspiration dans ces paysages.
Nous faisons ensuite une courte marche dans la neige jusqu’à un point culminant dominant le fjord. Peu à peu, la neige s’apaise, le ciel s’éclaircit et, comme par magie, les montagnes se dévoilent. Les pics déchiquetés apparaissent dans toute leur verticalité, encadrant le fjord ponctué de maisons colorées. La lumière devient douce, presque pastel, offrant un panorama d’une beauté saisissante.

Nous reprenons le zodiac en direction du hameau isolé de Rostad, niché au fond du Kirkefjord. Là, un couple d’agriculteurs vit en quasi-autarcie avec quelques moutons et vaches, que nous apercevons au loin, immobiles, nous observant silencieusement. D’autres petits hameaux se révèlent au fil de l’eau, discrets, presque secrets. À mesure que le ciel se dégage, les montagnes se découvrent totalement, offrant un spectacle grandiose, brut et profondément apaisant.
Notre exploration se poursuit jusqu’au village de Hamnøy. Son petit port pittoresque, avec ses hangars sur pilotis et ses rorbuer serrés au pied des falaises, témoigne de l’intense passé maritime de la région. Le zodiacs poursuit lentement son périple, laissant à chacun le temps d’observer, de photographier, ou simplement de contempler.
Nous gravissons un point de vue la météo est au ciel bleu et le soleil colore les montagnes le paysage est incroyable.

Après le déjeuner, le navire met le cap sur Nusfjord, à environ une heure de navigation à travers des paysages encaissés et sauvages. À l’arrivée, nous débarquons dans un petit port parfaitement abrité du vent et de la houle. Nusfjord est l’un des plus anciens villages de pêcheurs des Lofoten, aujourd’hui classé et préservé comme un véritable musée à ciel ouvert. Les rorbuer, les entrepôts à poisson et les hangars à bateaux racontent la vie rude des pêcheurs de cabillaud au début du XXe siècle.
Nous visitons la scierie, la forge et le hangar à bateaux, avant d’assister à la projection d’un film retraçant le quotidien de ces hommes de mer. Puis, une courte ascension nous mène à un point de vue dominant le village et le fjord alentour. La vue est superbe, empreinte de calme et d’authenticité.
La visite se conclut par une pause dans un petit café historique, construit en 1907. Autour d’une boisson chaude et de pâtisseries maison, nous savourons l’atmosphère chaleureuse et hors du temps de ce lieu chargé d’histoire.
De retour à bord, le navire reprend la mer. Les conditions sont calmes et certains d’entre nous profitent de cette quiétude pour mettre leur ligne à l’eau et pêcher une dizaine de lieu noirs que George, notre cuisinier, nous préparera pour le dîner.
À 19h00 autour d`un apéritif, Xavier nous propose une conférence passionnante sur les courants marins et la circulation thermohaline. Nous découvrons comment ce vaste « moteur océanique », guidé par les différences de température et de salinité, régule le climat mondial, transporte les nutriments et joue un rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes marins. Une clé essentielle pour comprendre le climat de notre planète.
Les plus courageux on observé quelques aurores boréales à 4h du matin.
Ce matin, nous nous éveillons baignés dans une lumière douce et feutrée. La neige est tombée presque toute la nuit, déposant sur les montagnes un voile immaculé. Les reliefs, saupoudrés de blanc, se parent de teintes délicates, mêlant les pastels bleutés aux nuances rosées du ciel. Le paysage semble suspendu hors du temps, presque irréel.
Certains d’entre nous ont veillé tard afin de profiter de discrètes aurores boréales, qui ont dansé dans le ciel entre les flocons de neige.
Dans la matinée, nous embarquons à bord des zodiacs pour rejoindre Henningsvær, charmant village de pêcheurs situé au sud de l’île d’Austvågøya. L’arrivée est saisissante : le village est lové entre des montagnes abruptes et des eaux d’une limpidité exceptionnelle. Le temps est radieux et la lumière met en valeur les maisons colorées, emblématiques de l’architecture norvégienne des villages de pêcheurs, qui se reflètent dans le port paisible. Nous assistons au lever du soleil : les premières lueurs du jour embrasent doucement l’horizon et réveillent les montagnes encore endormies.

Henningsvær a longtemps vécu au rythme de la pêche à la morue séchée, une activité qui a façonné son histoire et son identité. Aujourd’hui encore, la pêche demeure au cœur de la vie locale. Les bateaux, de petite et moyenne taille, sont amarrés le long des quais et déchargent quotidiennement leurs prises. Une fois à terre, le cabillaud est soigneusement nettoyé, vidé et préparé, puis salé avant d’être suspendu sur de vastes séchoirs en plein air, exposés au vent et à l’air marin.
Nous avons le privilège d’observer l’ensemble de ce processus au fil de notre promenade dans le village : des bateaux de pêche aux ateliers de transformation, jusqu’aux séchoirs installés face au Vestfjord, offrant un panorama spectaculaire mêlant mer, montagnes et ciel.

À l’heure du déjeuner, nous retrouvons L’Explorer. Tandis que le navire met le cap vers l’île de Skrova, située au nord-est d’Henningsvær, notre chef George nous régale une nouvelle fois d’une cuisine généreuse et raffinée. Peu après, nous reprenons place dans les zodiacs pour une nouvelle exploration. Une première halte nous conduit sur une plage de sable blanc immaculé, bordée d’eaux turquoise étonnamment lumineuses pour la saison. Quelques traces de loutres témoignent de leur passage récent, mais les discrètes habitantes des lieux restent invisibles.
Nous poursuivons notre navigation entre les îlots rocheux jusqu’au centre de Skrova. Nous contournons le phare, agrippé à un piton rocheux battu par les vents. L’île est surnommée « l’île de la baleine », en souvenir de son passé intimement lié à la chasse aux cétacés. Nous visitons le village, dont l’histoire maritime et industrielle de cette petite communauté d’environ 200 habitants a été profondément marquée par l’époque des baleiniers.
Sur le chemin du retour, la nuit tombe doucement et le ciel s’anime soudain : un véritable festival d’aurores boréales débute. De retour à bord, l’enthousiasme est général et chacun se précipite sur le pont pour contempler ce spectacle rare. Les lumières vertes et violettes ondulent au-dessus du navire, tel un ballet silencieux offert par la nature.

Vers 18 h 45, Sophie, l’une des passagères, spécialiste du monde fascinant des abeilles, nous propose une conférence passionnante. Puis vient le temps du dîner, une nouvelle fois préparé avec talent par notre chef et partagé dans une atmosphère chaleureuse et conviviale. Dès 20 h 30, nous retournons sur le pont, pour prolonger encore la magie de la nuit. Les aurores continuent d’animer le ciel et promettent une fin de journée inoubliable. Nous vivons un moment rare durant cette très belle nuit.
Ce matin, après une nuit de navigation, nous voilà au nord des Vesterålen, à l’extrémité de l’île d’Andøya. Nous naviguons à la recherche des souffles de baleines lorsque Xavier nous annonce avoir repéré celui d’un cachalot. Le bateau fait alors cap dans sa direction. Bientôt, nous distinguons l’animal qui plonge lentement, dévoilant sa nageoire caudale avant de disparaître dans les profondeurs.

Nous poursuivons notre exploration de la haute mer au large de la côte. Sous nos coques s’étend un canyon sous-marin spectaculaire : la fosse de Bleik. Ce profond canyon abyssal, situé dans la mer de Norvège, atteint jusqu’à 2 000 mètres de profondeur, faisant de ce site l’un des environnements les plus profonds et les plus riches en biodiversité de la région. La concentration exceptionnelle de nutriments y attire une grande variété de proies, créant un écosystème florissant qui soutient de nombreux prédateurs marins : baleines, cachalots, orques et globicéphales.
Soudain, nous apercevons les souffles d’un groupe d’orques. Elles sont plusieurs. Leurs silhouettes noires et blanches fendent la surface de l’eau avec une élégance souveraine. Elles glissent silencieusement, surgissent à l’unisson pour respirer, puis replongent avec une puissance maîtrisée. Leurs nageoires dorsales, hautes et effilées, tranchent la mer comme des lames, tandis que leurs flancs brillent sous la lumière froide du Nord. Leur présence impose le respect : ce sont les reines de ces eaux profondes.

Nous poursuivons la navigation jusqu’au-dessus de la fosse abyssale. Ici, c’est le royaume des cachalots. Nous en observons plusieurs, parfois à seulement une dizaine de mètres du bateau. Nous les voyons plonger verticalement, photographiant leurs immenses nageoires caudales qui se dressent hors de l’eau avant de disparaître lentement dans l’abîme.
Après cette matinée dense et inoubliable, nous mettons le cap sur Andenes, dont le port offre un refuge calme à l’abri de la houle. Ce bourg paisible de 2 500 habitants repose à l’extrémité d’Andøya, dans l’archipel des Vesterålen. Nous longeons la côte, enveloppés par une atmosphère douce, presque intemporelle, où le rythme du monde semble ralentir.
Nous visitons ensuite le phare d’Andenes, sentinelle emblématique dressée face à l’océan. Haut de quarante mètres, il domine la ville et la mer. Certains d’entre nous gravissent les 145 marches menant à son sommet. L’effort est réel, mais la récompense l’est tout autant : là-haut, les toits colorés d’Andenes, les longues plages claires et l’océan infini se fondent dans l’horizon, baignés de délicates nuances pastel.

La promenade se prolonge dans un décor saisissant, où le sable blanc des plages contraste avec les îlots rocheux émergeant du bleu profond de la mer.
Xavier nous conduit ensuite au Andøy Museum, consacré notamment à la vie du célèbre trappeur Hilmar Nøis, figure emblématique des régions polaires, qui passa de longues saisons dans l’Arctique et mena de nombreuses expéditions de chasse au Spitsberg.
De retour à bord, certains se glissent dans le jacuzzi pour se réchauffer, tandis qu’au-dessus de nos têtes le ciel s’anime. Les premières lueurs d’un véritable festival d’aurores boréales ondulent lentement dans la nuit arctique.

À 18 h 30, autour d’un apéritif, Xavier nous convie à une conférence passionnante sur ces phénomènes lumineux. Le dîner est ensuite servi tandis que le bateau reprend sa route, glissant silencieusement dans la nuit en direction des Alpes de Lyngen.
Ce matin, nous nous réveillons au cœur des Alpes de Lyngen, l’un des massifs les plus spectaculaires du nord de la Norvège. Ces montagnes abruptes semblent surgir directement des fjords, offrant un contraste saisissant entre la verticalité des sommets et la douceur apparente des eaux en contrebas. Ici, la mer et la montagne s’entrelacent intimement, créant un paysage à la fois grandiose et profondément sauvage. Les Alpes de Lyngen s’étendent sur une péninsule dominée par des pics acérés, dont certains culminent à plus de 1 800 mètres.
Le thermomètre affiche –7 °C. Le ciel est parfaitement dégagé et la lumière hivernale, basse sur l’horizon, révèle chaque détail du relief.

Nous embarquons à bord des zodiacs en direction de l’île de Follessøyan pour une randonnée en raquettes. L’air est vif, pur, et donne à chaque respiration une intensité particulière. À l’approche de l’île, les Alpes de Lyngen forment une toile de fond majestueuse. Une fois à terre, Xavier ouvre la marche dans une neige fraîche et immaculée, épaisse d’environ vingt-cinq centimètres, encore vierge de toute trace.
Le long du littoral, de nombreux bouleaux s’accrochent aux pentes, leurs troncs pâles contrastant avec le blanc éclatant de la neige. Nous progressons ensuite vers l’intérieur de l’île et pénétrons dans une petite forêt où mélèzes et pins se partagent l’espace. Xavier, notre guide, nous explique les différences entre ces deux essences : l’un perd ses aiguilles en hiver, l’autre reste persistant, chacun jouant un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème arctique.

Le groupe avance à un rythme régulier, porté par la sérénité du lieu. Autour de nous, les montagnes des Lyngen se dressent avec élégance et le paysage rappelle la puissance des forces géologiques qui ont façonné cette région. Le ciel se pare de teintes subtiles, mêlant mauve, or pâle et bleu profond. La lune, presque pleine, vient parfaire ce décor, ajoutant une touche irréelle à cette scène déjà exceptionnelle.
Nous atteignons le sommet, où chacun s’arrête pour contempler ce panorama hors du commun. Le regard embrasse fjords, îles et montagnes avec émotion. La descente nous ramène ensuite vers la grève. En contrebas, un petit chalet et un ponton surplombent le fjord, dont la surface est d’un calme absolu.Un zodiac, manœuvré par l’un des marins de L’Explorer, vient nous ramener vers la chaleur rassurante du navire, où nous attend un déjeuner copieux.

À 13 h 30, nous embarquons à Hamnes, petit hameau côtier au destin singulier. Occupé par les forces allemandes durant la Seconde Guerre mondiale, le village fut épargné lors de la retraite de 1944, contrairement à de nombreuses localités du nord de la Norvège incendiées à cette période. Des officiers allemands auraient refusé d’appliquer l’ordre de destruction, permettant ainsi à Hamnes de conserver ses bâtiments d’origine.
Autrefois tourné vers la pêche et les activités maritimes, Hamnnes vivait au rythme des saisons et des ressources du fjord. Le port constituait le cœur du village, lieu d’échanges, de travail et de vie communautaire. Aujourd’hui encore, en parcourant les quais, on ressent cette atmosphère particulière, mêlant la sérénité du paysage à la mémoire d’un passé marqué par les épreuves, mais aussi par un destin singulier.

Nous traversons le village jusqu’à un promontoire, puis certains prennent la route côtière pour admirer le paysage. Nous nous retrouvons un peu plus tard pour visiter le petit musée de Hamnnes, installé dans les anciens bâtiments du comptoir commercial. À travers photographies et objets d’époque, il retrace la vie quotidienne du village et témoigne de son histoire maritime, précieusement préservée au fil des générations.
En quittant Hamnes, nous laissons derrière nous un lieu discret mais profondément chargé d’histoire, où la beauté du décor naturel se double d’un héritage humain préservé presque par miracle.
Ce soir, notre voyage se termine. Après une dernière conférence de Xavier sur les mammifères marins, nous nous retrouvons autour d’un verre de prosciutto. Le capitaine nous fait ses adieux tandis que le Grand Explorer reprend sa navigation en direction de Tromsø.
C’est avec un pincement au cœur que nous quittons le bateau et son équipage, après ces moments inoubliables, en direction de l’aéroport. Les souvenirs de ces paysages grandioses, des aventures en mer et des histoires partagées resteront gravés dans nos mémoires.
Un grand merci à tous ceux qui ont contribué à faire de ce voyage une expérience inoubliable.
Suivez nos voyages en cours, grâce aux carnets de voyages rédigés par nos guides.
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