Xavier Allard
Arctique
28 février
7 mars 2026
Xavier Allard
Arctique
Après nos vols, nous arrivons à Tromsø, ville norvégienne située au-delà du cercle polaire arctique. Nous rejoignons notre navire, le Grand Explorer, qui nous attend en centre-ville, au quai n° 8.
L’embarquement s’effectue progressivement en fin d’après-midi, au rythme des arrivées de chacun. Nous sommes chaleureusement accueillis par Xavier, notre guide, ainsi que par Morgane, notre stewardesse. Plusieurs briefings nous permettent de prendre nos marques à bord et de découvrir le fonctionnement du navire avant le début de notre aventure arctique.

Après une bonne nuit de sommeil réparateur, nous nous retrouvons au salon pour le petit-déjeuner. Malgré un temps nuageux, nous partons à la découverte de Tromsø, capitale de l’Arctique norvégien.
Nous commençons la matinée par l’ascension en téléphérique jusqu’au sommet du mont Storsteinen, qui offre un point de vue spectaculaire sur la ville, les fjords et les montagnes environnantes.

Nous redescendons ensuite à pied par une rue d’un quartier résidentiel pour rejoindre la célèbre Cathedrale Arctique. Son architecture moderne, avec sa silhouette triangulaire et sa blancheur éclatante, évoque les sommets enneigés scandinaves. Nous traversons ensuite le grand pont pour retourner vers le centre-ville et rejoindre l’Explorer pour le déjeuner.

L’après-midi, Xavier nous emmène explorer le centre ancien, où alternent édifices en bois du XIXᵉ siècle, comme les deux cathédrales – protestante et catholique – et constructions plus récentes, à l’image de la bibliothèque municipale, reconnaissable à sa toiture arrondie et à ses parois de verre.
Nous poursuivons la visite sous les explications passionnantes de notre guide en direction du Musee Polaire. Cette visite nous plonge dans l’univers des baleiniers, phoquiers et trappeurs du Spitzberg, dont le rude travail et les conditions de vie précaires sont clairement expliqués. Xavier évoque également les nombreuses expéditions vers le pôle, pour lesquelles Tromsø fut souvent une étape clé avant le grand départ vers le nord. Ces récits éveillent notre curiosité et nous donnent envie d’en apprendre davantage sur des figures mythiques comme Nansen ou Amundsen.
De retour à bord, chacun profite des installations du navire : sauna et jacuzzi offrent un moment de détente particulièrement apprécié sous ces latitudes nordiques. Nous savourons aussi le confort cosy de l’intérieur, où Morgane nous accueille toujours avec le sourire.
À 18h30, Xavier nous propose une conférence passionnante sur la Norvège, abordant son histoire, sa géographie, sa société et son lien profond avec la nature. À l’issue de cette présentation, Morgane et le chef ont préparé un bel apéritif accompagné de mets délicatement élaborés, offrant un moment convivial très apprécié après cette journée riche en découvertes.
L’ensemble de l’équipage se présente tandis que le navire met le cap vers les Lofoten.
Nous nous réveillons face à l’île de Sandøya, petit îlot typique de l’archipel des Vesterålen, baigné d’une lumière hivernale douce et silencieuse. Peu habitée, cette île est connue pour ses plages de sable clair et son atmosphère préservée, loin de toute agitation humaine.
Après le petit-déjeuner, les zodiacs sont mis à l’eau : l’excitation est palpable pour cette première sortie de la croisière.
Nous approchons de la plage de sable blanc de Sandøya. Une courte marche nous conduit au sommet de l’îlot. De là-haut, le panorama sur l’Ingelsfjord est saisissant : ce fjord étroit et sauvage s’enfonce profondément dans les terres, bordé de montagnes aux sommets enneigés plongeant directement dans la mer. Sur un îlot voisin, plusieurs cormorans huppés sèchent leurs ailes après leurs plongées, scène typique des côtes nordiques où la faune reste omniprésente malgré l’hiver.

En navigation, nous longeons de vastes élevages de saumon, emblématiques de l’économie norvégienne. La Norvège est l’un des premiers producteurs mondiaux de saumon d’élevage, et ces fermes marines sont rigoureusement encadrées afin de limiter leur impact environnemental. Xavier nous explique les méthodes de gestion durable mises en place ainsi que les enjeux écologiques et économiques liés à cette activité.
La météo résolument hivernale renforce le caractère austère et majestueux du paysage. Nous poursuivons par une belle navigation en zodiac dans l’Ingelsfjord, appréciant le silence presque total, seulement troublé par le clapotis de l’eau et le vent froid. Nous observons un élan sur la rive.
Nous regagnons ensuite l’Explorer pour le déjeuner. Daria, notre cheffe croate, nous régale d’un excellent repas servi pendant la navigation dans le Raftsundet, détroit spectaculaire reliant les archipels des Lofoten et des Vesterålen.
Vers 14 heures, nous arrivons devant le célèbre Trollfjord. Nous embarquons à nouveau en zodiac pour pénétrer dans ce fjord emblématique du comté de Nordland. Long de seulement 2,7 kilomètres et parfois large de moins de cent mètres, il impressionne par ses falaises abruptes qui semblent se refermer sur nous.

Nous débarquons près de la centrale hydroélectrique, entièrement recouverte d’une épaisse couche de neige. Nous explorons ensuite un bras de fjord voisin jusqu’à ce qu’une solide barrière de glace nous bloque le passage. La lumière diffuse, teintée de nuances pastel, confère au lieu une atmosphère presque irréelle.
Pendant que l’Explorer met le cap sur Svolvær, principale ville des Lofoten, Xavier nous propose une conférence captivante sur la circulation des courants marins. À l’approche du port, la statue de la Femme du pêcheur se dresse à l’entrée de la ville, symbole de l’attente des épouses guettant le retour de leurs maris partis en mer.
Après l’amarrage, nous partons pour une courte visite de Svolvær, puis découvrons le Magic Ice Lofoten, bar entièrement sculpté dans la glace et maintenu à température négative toute l’année. La soirée se poursuit autour du dîner, chacun gardant l’espoir d’apercevoir les aurores boréales danser dans le ciel arctique.

Nous nous réveillons à l’abri du port de Svolvær. La météo est tempétueuse : des vagues de 5 mètres et des vents dépassant 80 km/h balayent les Lofoten.
Nous partons en minibus pour visiter l’un des villages les plus emblématiques de l’archipel. Sur la route, nous faisons un arrêt à l’église de Flakstad Church, construite en 1780, reconnaissable à son architecture singulière aux influences russes. Nous nous arrêtons également sur la grande plage de Flakstad, vaste étendue de sable clair bordée d’eaux turquoise.
Nous poursuivons vers Reine, enchâssé entre des montagnes abruptes plongeant dans les eaux calmes des fjords. Malgré la pluie, l’atmosphère reste paisible. Reine est célèbre pour ses rorbuer, anciennes cabanes de pêcheurs peintes de rouge et d’ocre, symboles des Lofoten. La pêche au cabillaud, notamment celle du « skrei » venu de la mer de Barents, façonne l’économie locale depuis des siècles.

Après le déjeuner, nous rejoignons Nusfjord, l’un des plus anciens villages de pêcheurs des Lofoten, aujourd’hui préservé comme un musée à ciel ouvert. Nous visitons un hangar à bateaux et assistons à la projection d’un film retraçant la vie des pêcheurs. Sur la route du retour, nous faisons un arrêt à l’église de Gravdal Church, élégante église en bois rouge et blanc datant de 1914.
De retour à bord, Morgane nous propose une dégustation de Brunost, fromage brun traditionnel norvégien, au goût légèrement sucré et caramélisé. À 18h30, Xavier nous offre une conférence passionnante sur les aurores boréales, mêlant mythes et explications scientifiques.
Nous passerons une nouvelle nuit à quai à Svolvær, la tempête atteignant son intensité maximale. Une journée intense s’achève, toujours portée par la magie des paysages arctiques.
Ce matin, nous nous éveillons baignés dans une lumière douce et feutrée. La pluie est tombée presque toute la nuit, laissant derrière elle une atmosphère calme et légèrement brumeuse.
Dans la matinée, nous embarquons à bord du minibus pour rejoindre Henningsvær, charmant village de pêcheurs situé au sud de l’île d’Austvågøya. L’arrivée est saisissante : le village est lové entre des montagnes abruptes et des eaux d’une limpidité exceptionnelle. Le temps est radieux et la lumière met en valeur les maisons colorées, emblématiques de l’architecture norvégienne des villages de pêcheurs, qui se reflètent dans le port paisible.

Henningsvær a longtemps vécu au rythme de la pêche à la morue séchée, une activité qui a façonné son histoire et son identité. Aujourd’hui encore, la pêche demeure au cœur de la vie locale. Les bateaux, de petite et moyenne taille, sont amarrés le long des quais et déchargent quotidiennement leurs prises. Xavier nous explique les différentes techniques de pêche, dont celle à la senne et celle à la « mitraillette », une ligne munie de plusieurs hameçons utilisée notamment pour la pêche au cabillaud.
Une fois à terre, le cabillaud est soigneusement nettoyé, vidé et préparé, puis salé avant d’être suspendu sur de vastes séchoirs en plein air, exposés au vent et à l’air marin. Nous avons le privilège d’observer l’ensemble de ce processus au fil de notre promenade dans le village : des bateaux de pêche aux ateliers de transformation, jusqu’aux séchoirs installés face au Vestfjord, offrant un panorama spectaculaire mêlant mer, montagnes et ciel.
À l’heure du déjeuner, nous retrouvons L’Explorer. Tandis que le navire met le cap vers l’île de Skrova, située au nord-est d’Henningsvær, notre cheffe Daria nous régale une nouvelle fois d’une cuisine généreuse et raffinée.
Peu après, nous reprenons place dans les zodiacs pour une nouvelle exploration. Nous naviguons entre les îlots rocheux jusqu’au centre de Skrova et contournons le phare, agrippé à un piton rocheux battu par les vents. L’île est surnommée « l’île de la baleine », en souvenir de son passé intimement lié à la chasse aux cétacés.
Nous visitons le village, dont l’histoire maritime et industrielle de cette petite communauté d’environ 200 habitants a été profondément marquée par l’époque des baleiniers. À la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, Skrova était en effet l’un des centres importants de l’industrie baleinière dans les Lofoten.

Une dernière halte nous conduit sur une plage de sable blanc immaculé, bordée d’eaux turquoise étonnamment lumineuses pour la saison. Le contraste entre le sable clair, la mer et les montagnes enneigées crée un paysage presque irréel.
Au retour, nous assistons à une conférence de Xavier consacrée aux mammifères marins de l’Atlantique Nord et des eaux arctiques. Il nous explique les différences entre les cétacés à fanons, comme les baleines, qui filtrent le krill et les petits poissons, et les cétacés à dents, comme les orques et les cachalots, qui sont des prédateurs actifs. Nous apprenons également que les eaux froides et riches en nutriments de la région attirent une grande diversité d’espèces, parmi lesquelles les baleines à bosse, les rorquals communs, les orques ou encore les marsouins communs. Ces animaux jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins, en participant à la circulation des nutriments dans l’océan.
Cette conférence passionnante nous permet de mieux comprendre la richesse biologique des mers nordiques que nous parcourons depuis plusieurs jours. Le bateau naviguera dans les chenaux durant toute la nuit en direction d’Andenes.
Après une nuit de navigation, nous arrivons au large des Vesterålen, dans la célèbre fosse de Bleik. Cette zone sous-marine très profonde, située près de l’île d’Andøya, est l’un des meilleurs endroits d’Europe pour observer les cachalots. La fosse atteint plus de 2000 mètres de profondeur à proximité immédiate du plateau continental. Ces grandes profondeurs permettent la présence de nombreux calmars géants et autres céphalopodes, qui constituent la principale nourriture des cachalots.
Les conditions sont bonnes ce matin. Après le petit-déjeuner, Xavier repère les premiers souffles de cachalot. Le cachalot est le plus grand des cétacés à dents et peut mesurer jusqu’à 18 mètres de long pour les mâles. Son souffle est caractéristique : il est projeté vers la gauche à cause de la position décalée de son évent.

Nous l’observons durant de longues minutes avant qu’il ne commence sa plongée. Comme souvent chez cette espèce, il arque son dos puis nous laisse admirer et photographier sa magnifique nageoire caudale avant de disparaître dans les profondeurs. Les cachalots peuvent plonger pendant plus de 45 minutes, parfois jusqu’à plus d’une heure, et atteindre des profondeurs dépassant les 2000 mètres pour chasser.
Puis c’est un véritable festival durant la matinée : une quinzaine de souffles et une dizaine de nageoires caudales se succèdent sous nos yeux. Les observations sont nombreuses et chacun profite pleinement de ce moment exceptionnel.
Après le déjeuner, le bateau met le cap en direction de l’île de Senja, la deuxième plus grande île de Norvège. Souvent surnommée « la Norvège en miniature », elle rassemble une grande variété de paysages : fjords profonds, montagnes escarpées, plages de sable blanc et petits villages de pêcheurs. La côte nord de l’île offre des reliefs spectaculaires qui plongent directement dans la mer.
Nous découvrons notamment les impressionnantes Aiguilles du Diable, formations rocheuses abruptes qui se dressent au-dessus de la mer et témoignent de l’histoire géologique tourmentée de la région.
Le navire entre ensuite dans le Mefjord. C’est en zodiac que nous débarquons dans le petit village de Mefjordvær. De là, nous partons pour une balade sous la pluie, mais le paysage reste magnifique. Xavier nous parle des bouleaux blancs qui poussent le long du chemin, des arbres typiques des paysages nordiques capables de résister aux hivers longs et rigoureux.
En arrivant près d’une petite cabane d’observation, Morgane repère quatre rennes. Nous partons doucement à leur approche. Le renne est une espèce emblématique de la Scandinavie et de l’Arctique. Contrairement à la plupart des cervidés, mâles et femelles portent des bois. En Scandinavie, la grande majorité des rennes appartiennent aux éleveurs samis, le peuple autochtone du nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. Les animaux vivent souvent en semi-liberté et parcourent de vastes territoires entre les zones de pâturage d’été et d’hiver.

Ils se nourrissent principalement de lichens, de mousses, d’herbes et de petites plantes. En hiver, ils sont capables de gratter la neige avec leurs sabots pour atteindre les lichens qui poussent au sol. Les individus que nous observons semblent paisibles et probablement habitués à la présence humaine.
Après quelques minutes d’observation, nous repartons vers le bateau.
De retour au navire, nous mettons le cap vers les Alpes de Lyngen. À 18 h 30, Xavier nous invite à assister à la suite de sa conférence sur la faune marine. Ce soir, il nous parle des orques et des baleines à bosse, deux espèces également très présentes dans les eaux norvégiennes, notamment durant l’hiver lorsque les bancs de harengs migrent le long des côtes.
Après le dîner, certains prennent le temps de jouer aux cartes tandis que d’autres scrutent le ciel dans l’espoir d’apercevoir des aurores boréales.
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