Le Groenland est couvert par la plus grande calotte glaciaire de l’Arctique. Depuis les sommets qui dépassent 3 000 mètres d’altitude, des glaciers gigantesques coulent vers la mer en immenses fleuves de glace.
Au Sud-Est et à l’Ouest, ces glaciers sont corsetés par les plus hautes montagnes et s’abîment en mer, donnant naissance à des dizaines de milliers d’icebergs. Au Nord-Est, au sein du plus grand parc national du monde, les glaces de la calotte viennent directement lécher la mer, donnant alors naissance aux plus grands champs d’icebergs tabulaires du Grand Nord.

Contrairement aux formes chaotiques et extraordinaires des icebergs géants, faites de tours, d’arches et de pentes, ces plateformes de glace sont immenses et planes, au point que, durant la Seconde Guerre mondiale, l’idée de les utiliser comme pistes flottantes avait même été envisagée.
Ces îles de glace, ou icebergs tabulaires, proviennent principalement du NEGIS – North East Greenland Ice Stream, ou « fleuve de glace du Nord-Est du Groenland ». Ce dernier est le plus grand des fleuves glaciaires du pays et rejoint la mer aux environs du 79e parallèle nord, par les fronts gigantesques des glaciers du Nioghalvfjerdsfjorden (79 Fjord) et de Zachariae. Il libère alors certains des plus grands icebergs de l’Arctique dans une région dominée par une immense barrière de banquise – la glace de mer. Nulle part ailleurs, la planète glace ne s’exprime avec autant de puissance.

En 2010, le glacier de Petermann a egalement donné une véritable île de glaces de 251 à 260 km², et une autre de 130 km² en 2012. La glace a de nouveau avancé dans le fjord jusqu’à l’endroit des cassures. Ces îles de glaces dérivent vers le bassin de Kane puis le Nunavut.
Sur la côte Nord-Est, les icebergs dérivent avec le courant du Nord-Groenland le long de la côte, jusqu’à venir obstruer des fjords de la côte des Alpes de Liverpool au Nord du Scoresby Sund.
Les icebergs, même les plus grands de l’ordre de 70 à 100 mètres de hauteur (record mondial de 167 mètres) ou des tabulaires de dizaines de km² dérivent alors, parfois sur des centaines de kilomètres voire plus de 2000 km, alors à la merci des courants et des vents, ils sont attaqués par l’eau de mer qui les fait fondre progressivement et les éléments climatiques (vent, pluie, températures) qui les érodent et les météorisent. Formes et couleurs varient ainsi.
Ces centaines d’icebergs tabulaires vont alors dériver vers le sud, le long de la côte nord-est du Groenland. Ils ajoutent encore au caractère spectaculaire de cette région faite de fjords encaissés, territoire des ours polaires et des narvals, où subsistent également les traces d’anciennes civilisations inuites…
Depuis l’an 2000, la débâcle glaciaire produit ces cathédrales et ces champs de glaces uniques et spectaculaires. Et c’est pourquoi Grands Espaces y organise ses croisières expéditions. En ce moment même, (juillet 2026 NDLR), un iceberg tabulaire de 5,7km de long a entamé sa grande dérive vers le sud…