Xavier Allard
Arctique
20 mai
28 mai 2026
Xavier Allard
Arctique
Rémi Favre
Polaire et Animaux Marins
Ça y est nous y sommes ! Nous débarquons de l’avion en provenance d’Oslo sur le tarmac du petit mais international aéroport de Longyearbyen au Spitzberg !
Nos guides nous attendent pour nous accueillir avant notre transfert de dépose des bagages au quai flottant de vant notre navire d’expédition : le Grand Nanook.
Nous poursuivons notre trajet jusqu’au centre-ville et arpentons les rues de cette localité insolite pendant que nos guides s’affairent à la logistique.

Une fois nos visites terminées, (musées, magasins), nous embarquons entre 15h00 et 17h00 puis enchaînons par les traditionnels briefings d’évacuation du navire, de sécurité et de présentation de la vie à bord.
Juste avant d’appareiller, catastrophe ! Il manque une paire de bottes en taille 38, indispensable pour la suite de l’expédition ! Ni une ni deux, Rémi saute sur le quai pendant que Xavier appelle le dernier magasin de sport avant la fermeture imminente… ouf ils ont un peu de stock. Nous sommes sauvés.
Nous quittons le port de Longyearbyen devant le navire Garde Côte « Jan Mayen » pour traverser l’Isfjorden et mettons le cap vers le Nord pour le début de nos aventures.
Ce matin, nous nous réveillons dans les eaux très calmes du St-Jonsfjorden. La météo est clémente, quelques stratus s’accrochent aux montagnes enneigées reflétées en miroir sur une mer d’huile : des conditions parfaites pour une première sortie !
Après un briefing sur les opérations zodiacs, nous embarquons sur les pneumatiques pour visiter les restes de banquise de fond de fjord où nous observons nos premiers guillemots à miroir. Le cadre est magnifique !

Nous repérons une petite plage libre de banquette côtière pour débarquer et prendre de la hauteur. Nous grimpons sur une moraine, accompagnés par le très joli pépiement des bruants des neiges, seuls passereaux présents dans l’archipel.
De points de vue en points de vue, les photos panoramiques sur le St-Jonsfjorden et les montagnes environnantes s’enchainent. Nous apercevons quelques rennes et repérons la sortie des premières saxifrages : le printemps s’installe.
De retour aux zodiacs, nous poursuivons notre visite de la rive Nord et apercevons bientôt quelques phoques veaux marins se prélassant sur des rochers, ainsi que de nombreux eiders à duvet, accompagnés de quelques eiders royaux ou eider à tête grise.

Nous débarquons ensuite à la toute petite cabane de trappeur de Per Hytta, caractérisée par ses murs épais en rondins issus des bois de flottage : au moins celle-ci ne va pas s’envoler !
Après cette belle sortie, nous reprenons la navigation dans le Forlandsundet vers le Nord, où nous gagnons la baie de Hornbæk : nos guides ont repéré deux morses sur la grève, que nous allons observer en débarquant à bonne distance.
Nous continuons notre visite en zodiac vers le très beau front de glace d’Aavatsmarkbreen. En chemin, nous découvrons une petite colonie de phoques veaux marins, 6 se tenant sur le même rocher et 4 dans l’eau, dont les cabrioles et les approches ravissent les photographes.
Arrivés devant le glacier, nous débarquons sur un petit ilot sans nom, récemment libéré des glaces. Ici, la végétation n’a pas encore investi les lieux.
De retour au Grand Nanook, nous franchissons le détroit de Sarstangen avec seulement 1,7 m sous la quille… Une fois côté nord, nous mouillons l’ancre pour une nouvelle excursion après le diner, à la rencontre d’une trentaine de morses regroupés paisiblement sur cette échouerie. Silencieusement, nous approchons progressivement ces animaux massifs pour une superbe observation.

Après cette superbe journée richement remplie, nous pouvons nous reposer pendant que notre navire fait cap au Nord.
À 6 h 30, les plus matinaux sont déjà sur le pont lorsque le navire s’engage dans le spectaculaire fjord de Smeerenburg. La météo est clémente une mer presque huileuse et, tout autour de nous, des montagnes couvertes d’un manteau blanc immaculé qui donnent à l’atmosphère une dimension profondément polaire. Le silence n’est troublé que par le grondement lointain des glaciers.
Après le petit-déjeuner, nous embarquons à bord des zodiacs pour explorer le Fluglefjord. Très vite, nous pénétrons dans un véritable labyrinthe de petits icebergs, les fameux bourgignion et brash, détachés du glacier . Nos guides slaloment avec précision entre ces sculptures de glace aux formes fantastiques Plus nous avançons dans le fjord, plus l’ambiance devient saisissante. Les zodiacs approchent lentement du front du glacier, immense mur de glace craquant sous l’effet des tensions internes. Chaque bruit résonne dans le fjord comme un coup de tonnerre.

En quittant Fluglefjord, nous entamons une superbe navigation entre les îles du nord-ouest du Spitzberg. Les conditions sont idéales pour l’observation de la faune. Soudain, un phoque barbu apparaît, allongé sur un iceberg dérivant. Imperturbable, l’animal nous observe tandis que nous l’approchons lentement. Ses longues vibrisses brillent et l’on distingue parfaitement son épaisse couche de graisse, indispensable à sa survie dans ces eaux glaciales.

Au fil de notre progression, les guides repèrent des traces fraîches d’ours polaire sur plusieurs plages. Immédiatement, les zodiacs ralentissent et zigzaguent entre les îlots rocheux à la recherche du grand prédateur blanc. Même sans rencontre directe, l’excitation est palpable : chaque empreinte rappelle que nous évoluons dans le territoire du roi de l’Arctique.
Nous observons également de nombreuses bernaches nonnettes, posées en groupes sur les berges ou traversant le ciel en formations désordonnées. Le temps semble suspendu dans cet environnement sauvage où l’homme reste un simple visiteur.

En fin de matinée, nous atteignons Sallyhamna, une petite baie chargée d’histoire. Avant même le débarquement, plusieurs phoques communs se reposent sur les rochers plats bordant le rivage. Une fois à terre, nous découvrons une ancienne cabane de trappeur, solitaire face à l’immensité arctique, ainsi que les vestiges de la grande époque de la chasse à la baleine. Entre les restes de fours à graisse et les traces des anciens campements, Xavier nous raconte les différentes périodes de l’histoire du Svalbard : les premiers baleiniers hollandais, les hivernages de trappeurs et les difficiles conditions de vie dans cet univers hostile. Le lieu, balayé par un vent glacé, semble encore habité par les fantômes des explorateurs d’autrefois.
Déjà, il faut regagner le navire. Pendant le déjeuner, le Nanook quitte la baie pour rejoindre le Raudfjord, littéralement le « fjord rouge », nommé ainsi en raison de la couleur particulière des montagnes environnantes. Les falaises sombres et rougeâtres contrastent avec les glaciers étincelants qui plongent dans la mer.

Dans l’après-midi, une nouvelle sortie en zodiac nous conduit dans la baie Hamilton. À peine embarqués, nous apercevons un renard polaire longeant discrètement la plage. Son pelage clair se confond presque avec les pierres et les plaques de neige restantes. Curieux mais méfiant, il s’arrête quelques instants pour nous observer avant de disparaître derrière une moraine.

Nous poursuivons ensuite le long d’impressionnantes falaises occupées par des colonies de guillemots de Brünnich. Des milliers d’oiseaux tourbillonnent au-dessus de nos têtes dans un vacarme permanent. Plus loin, les zodiacs approchent plusieurs icebergs sur lesquels se reposent des mouettes tridactyles. Les guides nous emmènent ensuite longer différents fronts glaciaires dont les séracs bleutés plongent directement dans le fjord.

Au centre de la baie, un petit îlot entouré d’un véritable labyrinthe de chenaux offre un moment d’exploration exceptionnel. Les zodiacs se faufilent lentement dans ces passages étroits, entre glace et rochers, donnant l’impression d’évoluer dans un monde secret inaccessible aux grands navires.
La navigation se poursuit ensuite le long des côtes du Raudfjord jusqu’à la baie de Smith. Ce secteur, plus abrité, possède une plage de galets dominée par des reliefs austères. Quelques icebergs dérivent lentement dans les eaux calmes et, sur l’un d’eux, un autre phoque barbu profite paisiblement calme arctique.
De retour à bord, Rémi nous propose une conférence passionnante consacrée aux phoques et aux morses. Entre leurs incroyables adaptations à l’apnée, leur résistance au froid extrême et les particularités de la vie des pinnipèdes dans l’Arctique, nous découvrons de nombreux aspects fascinants de ces mammifères marins parfaitement adaptés à cet environnement hostile.
Dans la soirée, le navire jette finalement l’ancre au fond du fjord pour une partie de la nuit. Une nouvelle journée d’aventure s’achève au cœur du Grand Nord.
Après une nuit de navigation, nous voilà en pleine mer, loin au Nord des derniers rivages du Spitzberg. Déjà, la coque heurte les premiers floes de banquise, avant d’apercevoir la ligne blanche du pack plus dense : la banquise dérivante et ses épaisses plaques au relief tourmenté, parfois hérissées de hummocks ou crêtes de compression.

Nous partons en excursion zodiac dans ce labyrinthe glacé : slalomant entre les floes, nous observons quelques guillemots à miroir peu farouches.
Nous trouvons une plaque de banquise suffisamment plane et large pour y débarquer : quel moment insolite ! Nous marchons littéralement sur l’eau, à la dérive dans le bassin polaire.
Après quelques photos souvenir à 80° 52,700’ N | 13° 44,629’ E, nous repartons en exploration.
Soudain, nous sommes survolés par deux magnifiques mouettes ivoire, dont l’une se pose délicatement sur un promontoire de glace : les appareils photo crépitent.

De retour au Grand Nanook, la navigation se poursuit pour rejoindre une zone de banquise plus dense : nos guides veillent à la passerelle à la recherche de vie sauvage.
Dans l’après-midi, nous ressortons les zodiacs afin d’approcher trois phoques barbus. L’embarquement est efficace car des plaques de banquise glissent sans arrêt le long de la coque.

La Nature nous offre encore une fois une superbe observation de ces phoques, dont l’un d’eux se gratte de manière très théâtrale sur son floe. Parfois celui-ci se met à l’eau, puis grimpe à nouveau sur la glace pendant que ses congénères siestent plus loin.
Nous débarquons à nouveau sur une île de glace flottante puis regagnons le Grand Nanook.
Pour remonter à bord, la partie n’est pas gagnée car le vent s’est levé et de grandes plaques filent le long de la coque. Nos guides font alors place nette en les repoussant une par une afin de libérer l’accès à l’échelle de coupée et revenir à bord.
Après cette magnifique journée au grand air frais du Nord, nous faisons cap au Sud pour rejoindre le Spitzberg et le Raudfjorden vers 23h, où nous passons la nuit à l’ancre.
Ce matin, à peine avons-nous terminé le petit-déjeuner à l’approche d’Indre Norskøya que l’agitation gagne les coursives : Xavier a repéré un ours !
Nous enfilons une veste et nous armons de nos appareils photo pour sortir sur le pont. L’ours se repose tranquillement à mi-pente dans un « nid à ours », petite cavité creusée dans la neige.

Celui-ci est visiblement repu après son « petit-déjeuner » à lui, sur une carcasse de morse.
Nous nous repositionnons à bonne distance à l’ancre quand Isabelle repère un deuxième ours sur la carcasse, surgit de nulle part !
La neige commence à tomber et la brume nous enveloppe rapidement, il est de plus en plus difficile de prendre des photos…
Nous reprenons la route vers le site historique de Smeerenburg, « la ville de la graisse », que nous visitons afin de découvrir les vestiges de fondoirs à graisse des baleiniers du XVIIème siècle.

Nous poursuivons le fil de l’histoire par un passage devant le site de Virgohamna, célèbre base de départs des expéditions en ballon de Wellman et Andrée à la fin du XIXème siècle.
Quelques phoques veaux marins se prélassent sur leurs rochers au fond de la baie.

Après cette belle visite dans ces paysages magnifiques de pics et de glaciers qui ont donné leur nom au Spitzberg, nous croisons dans le Sørgattet en direction de la Baie de la Madeleine ou nous mouillons en face du site baleinier de Graveneset.

Nous ressortons alors en zodiac pour rendre visite aux morses de Gullybukta. Après un débarquement technique dans les galets et quelques efforts en s’enfonçant dans la neige humide, nous gagnons le site d’échouerie pour être aux premières loges d’une phase majeure de la journée type d’un morse : la sieste.
Quelques individus nous offrent des spectacles insolites : l’un se frappant la tête à grand bruit avec sa grande patte-nageoire (sans doute pour se gratter) et un autre se hissant vaillamment sur la grève pour s’engouffrer dans le tas de morses et se faire une place au chaud, sans trop s’occuper du confort de sommeil de ses compères.

Nous traversons ensuite le Magdalenafjorden pour rejoindre sa rive Nord : des nuées de mergules nains commencent à se dessiner dans le ciel, par dizaines, puis par centaines, puis par milliers. Nous coupons les moteurs pour découvrir les ricanements constants des volatiles : nous avons l’impression que leurs cris sont synchronisés avec leur vol.
Nous observons également 3 rennes qui évoluent dans un couloir d’avalanche au milieu du brouhaha des mergules.

Nous poursuivons vers l’intérieur du fjord à la découverte de magnifiques icebergs bleus issus du Wagonbreen : ceux-ci sont de plus en plus gros et l’un d’eux a une taille vraiment exceptionnelle pour un iceberg du Spitzberg, digne d’un congénère groenlandais.
Arrivés au front glaciaire très actif, nous filons vers le Grand Nanook d’iceberg en iceberg quand Isabelle aperçoit soudainement un aileron à la surface ! Il s’agit d’une baleine de Minke ou petit rorqual qui croise à quelques encablures.
Il est grand temps de retourner au navire pour être à l’heure au diner.
Après avoir repris des forces, Rémi nous présente des photos et vidéos des fonds marins prise à l’occasions des croisières « plongée polaire ».
Quelle journée riche en paysages, histoire et animaux !
À notre réveil, nous sommes dans la baie de la Croix, face à l’immense front glaciaire du Lilliehöökbreen, réputé pour la beauté spectaculaire de ses paysages. Ce glacier est formé de quatorze langues glaciaires qui se rejoignent pour constituer un front de plusieurs kilomètres de long. Il y a encore une dizaine d’années, celui-ci mesurait près de 8 km de largeur.

La mer est d’huile et le reflet des montagnes se dessine presque parfaitement à la surface de l’eau. Nous partons en zodiac pour la matinée afin de découvrir ce décor glacé. Nous nous dirigeons vers le front du glacier, notamment vers une zone où les séracs ressemblent à de grandes tours prêtes à basculer dans le fjord. Nous observons toutes les nuances de bleu qu’offre la glace, aujourd’hui accentuées par un plafond nuageux qui renforce encore l’ambiance polaire.
Au fil de notre navigation, nous apercevons différentes espèces d’oiseaux, notamment des guillemots de Brünnich et des mouettes tridactyles reposant sur les icebergs. Le brash devient de plus en plus dense, mais nos guides s’y engagent avec douceur, nous permettant de profiter pleinement de cette navigation au cœur du champ de glace.

Il y a plusieurs vêlages sur le front du glacier qui produisent des bruits impressionnants et libères de nouveau icebergs
La température est agréable et les conditions favorisent la présence de nombreux phoques allongés sur les blocs de glace dérivants. Nous en approchons trois qui se laissent facilement observer. Certains présentent un pelage teinté de roux par les oxydes de fer présents dans les fonds marins où ils se nourrissent. Nous passons un long moment à contempler deux phoques allongés côte à côte, qui semblent nous observer avec autant de curiosité que nous les regardons.

Pour conclure cette magnifique sortie, un jeune morse est aperçu sur un iceberg.
De retour à bord, il est temps de déjeuner pendant que le bateau met le cap vers le Möllerfjorden et le site du camp Zoé, ancien lieu de trappe avec sa cabane historique.
Dans l’après-midi, nous partons pour une longue marche dans la toundra. Entre les premières fleurs de saxifrages, les traces de rennes et de renards polaires, de superbes paysages défilent à chacun de nos pas. En contrebas, le Nanook est au mouillage dans le fjord.
Après environ trois kilomètres et demi de marche, nous atteignons la cabane du camp Zoé. Xavier nous y réserve une belle surprise : il sort une bouteille de grand cru polonais, clin d’œil à la passion de Christian pour la Pologne et ses traditions. Nous dégustons ce breuvage millénaire avec plaisir avant de regagner le bateau en zodiac, récupérés directement sur la plage devant la cabane.
Nous naviguons ensuite pendant environ une heure afin de rejoindre la baie du 14 Juillet. Le temps nous permet encore de profiter d’une dernière activité. À bord des zodiacs, nos guides nous emmènent observer quelques rennes au pied d’une grande falaise à oiseaux dominée par des mouettes tridactyles très actives.

Nous nous attardons surtout au pied d’une petite falaise où nichent des guillemots de Brünnich, mais également de nombreux macareux moines, surnommés les « perroquets du Grand Nord ».

Un renard polaire particulièrement agile escalade la falaise pour tenter d’attraper un oiseau. Nous observons aussi quelques bernaches nonnettes ainsi qu’une oie blanche probablement égarée lors de sa migration.
À 19 h 30, nous regagnons le bateau et nous installons aussitôt à table pour le dîner. Nous passerons la soirée dans la baie du 14 Juillet, nommée en hommage au prince Albert Ier de Monaco lors de ses expéditions au Spitzberg.
Après le repas, Xavier nous propose une conférence passionnante sur les trappeurs. Nous découvrons l’histoire des différentes nationalités présentes dans l’archipel, notamment les Russes Pomors puis les Norvégiens, qui industrialisèrent progressivement la trappe, entraînant la disparition d’une grande partie des mammifères du Spitzberg.
Après une nuit au calme dans la baie du 14-Juillet, le bateau lève l’ancre à 6 h du matin et pénètre dans le Kongsfjorden, la « baie du Roi ». Il vient se positionner devant l’île de Blomstrandhalvøya, face à New London.
Après le petit-déjeuner, nous partons débarquer sur une plage pour effectuer une randonnée sur l’île. À peine débarqués, nous observons déjà plusieurs rennes du Svalbard. En prenant un peu de hauteur, deux jeunes rennes très curieux s’approchent de nous et semblent jouer avec le groupe. Nous pouvons les admirer longuement et suivons pendant une bonne partie de la matinée un petit groupe constitué de trois jeunes et d’une femelle.

Nous remontons ensuite les pentes minérales composées de grandes dalles calcaires érodées par le gel. Le paysage est presque lunaire ; seules quelques saxifrages poussent çà et là et sont déjà en fleurs.
Nous arrivons aux abords d’un lac où nagent des plongeons catmarins ainsi qu’un couple de canards à longue queue. Nous les observons longuement. De nombreux oiseaux arrivent actuellement de leur longue migration, notamment les fameuses sternes arctiques qui ont parcouru près de 20 000 kilomètres depuis l’Antarctique. Plusieurs groupes de labbes à longue queue et de bernaches nonnettes sont également observés. Nous apercevons aussi des bécasseaux violets et un tournepierre à collier.

Nous atteignons ensuite le camp Mansfield, à New London. Ici, en 1910, une compagnie minière anglaise était venue exploiter le marbre. Les vestiges de cette époque sont encore bien visibles, lentement gagnés par la rouille. Nos guides nous racontent l’histoire de ce lieu hors du temps. Nous entrons dans l’une des anciennes cabanes où se trouve un livre rempli de vieilles photographies. Xavier nous explique qu’il y avait autrefois des vaches sur cette île.
Nous poursuivons notre balade sur de vastes plateaux rocheux, observant encore quelques rennes, dont plusieurs mâles portant leurs bois encore recouverts de velours.
La météo se dégrade progressivement : le ciel s’abaisse et la neige commence à tomber. Il est alors temps de regagner le bateau.
Après le déjeuner, nous partons visiter Ny-Ålesund, ancienne cité minière devenue station scientifique internationale. Nos guides nous expliquent l’Histoire de ce lieu chargé de mémoire, entre exploitation minière et recherche polaire. Nous passons devant différents bâtiments, dont celui de l’Institut polaire français Paul-Émile Victor, ainsi que le chenil. Nous visitons également un petit musée retraçant en images l’Histoire du site.
Nous regagnons ensuite le bateau qui prend la direction du fond du Kongsfjorden. En fin d’après-midi, nous partons pour une croisière en zodiac devant les grands glaciers du Roi : Kongsvegen et Kronebreen. Les icebergs présentent des couleurs étonnantes : certains sont rougeâtres à cause des sédiments ferrugineux, d’autres d’un bleu profond, et certains d’un blanc translucide rappelant le cristal.
Les glaciers sont immenses mais leur retrait est bien visible. La neige tombée dans l’après-midi a recouvert les icebergs de quelques centimètres de poudreuse fraîche, renforçant encore l’atmosphère polaire.
À 19 h 30, le dîner est servi tandis que le bateau a déjà repris sa navigation en direction du nord-ouest du Spitzberg.
En début de soirée, Xavier nous propose une conférence sur l’adaptation de la faune arctique aux conditions extrêmes du Grand Nord. Nous découvrons comment mammifères, poissons, oiseaux et plantes ont développé des stratégies remarquables pour survivre dans un environnement aussi hostile.
Ce matin nous sommes à l’ancre, bien à l’abri dans la baie de Trygghamna, connue pour ces eaux clémentes dès l’époque des baleiniers. Nous partons en excursion pour découvrir la magnifique lagune glaciaire encore englacée d’Harrietbreen.
Nous longeons la plage, puis la banquète côtière afin d’admirer ce paysage incroyable : le front de glace tout proche et la banquise encore préservée de la débâcle sur un fond de montagnes alpines encore bien enneigées par rapport au Sud de l’Isfjorden.
Quelques phoques se prélassent au loin sur la glace ou nagent dans le chenal d’accès à la lagune. Au large, les îlots du fond de Trygghamna commencent à se peupler d’eiders, qui viendront nicher ici.

Nous continuons notre marche vers la limite du glacier que nous surplombons : un superbe panorama s’offre à nous.
De retour au Grand Nanook, nous mettons le cap vers l’intérieur de l’Isfjorden sur sa rive Nord, afin de rejoindre la baie de Borebukta, dont les fonds peu cartographiés font trembler plus d’un marin… Nous ressortons les zodiacs dans l’après-midi pour une sortie mémorable devant le glacier en surge de Borebreen.
En effet, tout l’Isfjorden semble recouvert d’une chappe de plomb, sauf ici ! Une fine bande de ciel bleu apparaît timidement, puis s’élargit de plus en plus pour dévoiler finalement un grand soleil : quel bonheur !
Après une visite du front de glace, dont l’avancée rapide pousse des tonnes de gravats en formant ainsi de nouvelles moraines, nous débarquons entre le Borebreen et le Nansenbreen pour admirer de nombreux bourguignons échoués sur la grève : le paysage rappelle le site de la Plage au Diamants à Jökulsárlón en Islande.
Nous grimpons sur un petit promontoire, résidu d’une moraine en cours d’érosion et découvrons avec joie un petit groupe de morses sur leur échouerie enneigée en contrebas. Sur notre promontoire, nous photographions de magnifiques saxifrages d’un mauve éclatant.
Nous rembarquons sur nos zodiacs et poursuivons la visite en lisière de banquise côtière où un morse fait une timide apparition avant de regagner le navire.

Dès notre sortie terminée, nous remettons à regret nos bottes et combinaisons d’expéditions au séchoir, avant de mettre le cap vers le port de Longyearbyen où nous passerons la soirée à quai.
Pendant la navigation, nous buvons à la santé de notre magnifique croisière avec le mot d’aurevoir du Commandant Kai, suivi de la projection des sélections de photos d’Olivier, de Xavier et de Rémi : quel bonheur de revivre notre voyage au travers de ces images de rêve…
Ainsi s’achève ce périple de 7 jours au cœur du Nord-Ouest du Spitzberg, sur les traces des baleiniers, des trappeurs, des explorateurs et scientifiques, en traversant ces paysages magiques du Haut Arctique. Nous n’avons qu’une envie… revenir.
A bientôt donc pour de nouvelles aventures polaires !

Suivez nos voyages en cours, grâce aux carnets de voyages rédigés par nos guides.
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