Benjamin Dy
Destinations Nordiques et Antarctique
15 juillet
24 juillet 2026
Benjamin Dy
Destinations Nordiques et Antarctique
Antoine Lochin
Guide naturaliste
Les guides Antoine et Benjamin accueillent à Longyearbyen les douze passagers arrivant de différents pays d’Europe pour embarquer à bord du Grand Nanook. Après avoir déposé les bagages sur le navire, le groupe dispose d’environ une heure et demie pour découvrir Longyearbyen. De retour à bord, les passagers prennent possession de leurs cabines avant de se retrouver autour d’un cocktail de bienvenue.

Un exercice d’abandon du navire est ensuite organisé afin de familiariser chacun avec les procédures d’urgence. La soirée se poursuit avec la présentation de l’itinéraire, les règles de conduite de l’AECO et les consignes de sécurité pour les sorties en Zodiac. Après cette journée particulièrement longue et éprouvante, le dîner est servi à 19 h. Le Grand Nanook quitte ensuite Longyearbyen et prend la direction du nord-ouest du Svalbard.
Le réveil est fixé à 7 h. Les magnifiques lumières de la baie du Roi, ou Kongsfjorden, nous accueillent dans une atmosphère calme et lumineuse. Les deux Zodiacs sont rapidement mis à l’eau pour notre première exploration. À peine dix minutes après notre départ, nous apercevons notre premier ours polaire sur un petit archipel situé au milieu de la baie, connu pour abriter un important site de nidification d’eiders. Nous l’observons à bonne distance, ces îles étant protégées par une zone de sécurité de 300 mètres. Particulièrement actif, l’ours se déplace de nid en nid afin de se nourrir des œufs de ces oiseaux. Durant une bonne demi-heure, nous le voyons descendre progressivement du sommet des îlots vers le littoral et les morceaux de glace échoués sur la rive.

Nous poursuivons ensuite notre navigation en direction des glaciers de la baie du Roi. Les craquements de la glace résonnent tout autour de nous, tandis que plusieurs ruptures de séracs et vêlages se succèdent. Dans une lumière splendide, sous le soleil et en l’absence totale de vent, nous observons également plusieurs magnifiques phoques barbus.

Après environ deux heures et demie de navigation en Zodiac, nous regagnons le Grand Nanook pour le déjeuner. Le navire se dirige ensuite vers le site de Ny-London, situé sur Blomstrandhalvøya, face à Ny-Ålesund.
Nous débarquons à 14 h 30 afin de découvrir les vestiges des anciennes installations de la mine de marbre et l’histoire passionnante de cette tentative d’exploitation, témoignage des premières implantations minières au Svalbard. La visite se poursuit par une promenade dans la toundra, où nous observons de superbes rennes portant encore leurs grands bois recouverts de velours, ainsi que des sternes arctiques et des plongeons catmarins.

De retour à bord, Antoine propose une conférence introductive consacrée à l’Arctique et au Svalbard. Après le dîner, servi à 19 h, le programme du lendemain est présenté aux passagers. Notre prochaine destination sera le Raudfjorden, dans le nord du Svalbard.
Cette première journée complète d’expédition aura tenu toutes ses promesses : un ours polaire, de très nombreux oiseaux marins, plusieurs phoques barbus et de spectaculaires paysages glaciaires.
Après notre belle journée dans le Krossfjorden, le Nanook a poursuivi sa route au cours de la nuit. La navigation s’est révélée particulièrement calme, plus que la veille, et c’est dans les paysages sauvages du Raudfjorden que nous nous sommes réveillés au petit matin.
Notre première activité nous a conduits à Alicehamna, où nous avons débarqué pour une randonnée. Nous avons tout d’abord découvert une ancienne cabane de trappeur ayant appartenu au Suédois Sven Olsson dans les années 1920. Isolée au bord du fjord, elle témoigne des conditions de vie particulièrement rudes des hommes qui passaient de longs mois à piéger entre autres les renards polaires et à survivre dans cet environnement extrême.
La marche nous a ensuite menés jusqu’à un promontoire dominant le fjord. Nous y avons découvert plusieurs tombes historiques. Le Svalbard conserve encore de nombreuses sépultures datant de l’époque de la chasse à la baleine, entre le XVIIᵉ et le XIXᵉ siècle. Les baleiniers enterraient leurs compagnons sur place, le pergélisol permettant une bonne conservation des sépultures. Nous avons également observé la tombe d’un skipper norvégien décédé ici en 1906, probablement victime du scorbut, une maladie autrefois fréquente lors des longues expéditions polaires.
Après cette visite, une partie du groupe est retournée tranquillement vers le navire, tandis que les autres ont poursuivi l’ascension jusqu’à un point de vue dominant le Raudfjorden. L’effort a été récompensé par une magnifique observation de quatre rennes particulièrement actifs. De retour à bord, nous avons traversé le fjord afin de rejoindre Hamiltonbukta. Une nouvelle sortie en zodiac nous attendait pour explorer cette magnifique baie.

Tout au long de la navigation, les falaises résonnaient des cris des oiseaux marins. Les colonies de guillemots de Brünnich et de mouettes tridactyles animaient les parois rocheuses, tandis que les mergules nains, plus discrets mais tout aussi nombreux, se faisaient entendre dans les éboulis. Nous avons ensuite prolongé notre excursion jusqu’aux glaciers situés au fond de la baie. Les fronts glaciaires, ponctués de quelques vêlages, offraient un spectacle grandiose dans une lumière particulièrement belle.

En fin d’après-midi, Benjamin nous a proposé une conférence consacrée à l’écologie du renne et, plus largement, aux ongulés des régions froides. Nous avons découvert comment le renne du Svalbard, plus trapu
que ses cousins continentaux, s’est adapté à cet environnement extrême grâce à une importante réserve de graisse, un métabolisme économe et une alimentation très variée, lui permettant de survivre à de longs hivers où la nourriture se fait rare.
Nous terminons cette belle journée au mouillage dans Hamiltonbukta, entourés des montagnes et des glaciers du Raudfjorden. Dans la nuit, le Nanook reprendra sa route vers l’est, avec l’espoir d’atteindre demain le détroit du Hinlopen pour poursuivre notre exploration de l’archipel.
Le petit déjeuner est servi à 7 heures et, dès 8 heures, les Zodiacs quittent le navire en direction des impressionnantes falaises d’Alkefjellet. Un fort coup de vent étant annoncé, nous avons choisi de commencer tôt afin de profiter des conditions encore favorables avant l’arrivée des premières bourrasques. La mer est relativement calme lorsque nous nous engageons dans le détroit d’Hinlopen.
Autour de nous, les calottes polaires et les glaciers composent un décor spectaculaire. Les paysages révèlent également une géologie remarquable : les anciennes roches sédimentaires, formées sur les fonds marins, contrastent fortement avec les impressionnantes orgues basaltiques des falaises d’Alkefjellet. Des dizaines de milliers de guillemots de Brünnich tournoient dans les airs ou se regroupent en véritables escadrilles à la surface de l’eau. Les mouettes tridactyles vont et viennent entre les falaises, tandis que les goélands bourgmestres surveillent attentivement la colonie, à l’affût de la chute accidentelle d’un jeune guillemot. Durant une heure et demie, nous contemplons cette immense cathédrale minérale et vivante, l’une des plus impressionnantes merveilles naturelles du Svalbard.

Peu après avoir quitté Alkefjellet, nous apercevons sur une île une femelle ours polaire accompagnée de son jeune de l’année. Depuis la passerelle, les passagers les observent s’éloigner. En contournant l’île, nous découvrons ensuite un énorme mâle endormi sur un rocher, près de son sommet.

Alors que nous sommes en pleine observation, le commandant repère soudain la femelle et son ourson nageant à une centaine de mètres devant le navire. Probablement dérangés par la présence du grand mâle, ils se sont jetés à l’eau pour rejoindre une autre partie de l’archipel. Nous ralentissons immédiatement afin de les laisser passer et poursuivons cette observation exceptionnelle, à bonne distance, pendant près d’une heure.
Nous traversons ensuite le détroit d’Hinlopen en direction du Wahlenbergfjorden, avec l’intention de trouver un abri à Palanderbukta. Un fort vent de nord-ouest, accompagné de rafales pouvant atteindre 35 à 45 nœuds, est annoncé pour les prochaines 36 à 48 heures, et les refuges seront rares autour de l’archipel. Dans l’après-midi, nous mettons malgré tout les Zodiacs à l’eau afin de remonter la côte minérale de Palanderbukta, en direction du glacier et du site où nous espérons débarquer pour une randonnée. Mais le vent forcit progressivement au cours de la navigation. Par mesure de sécurité, nous devons finalement renoncer au débarquement et regagner le navire.
Antoine propose alors une passionnante présentation générale du Svalbard. La conférence se prolonge naturellement jusqu’à l’heure de l’apéritif, puis les discussions continuent, un verre à la main, autour de nombreuses histoires polaires. Cette journée riche en émotions s’achève par un dîner particulièrement convivial.
Dès notre départ de Palanderbukta, nous mettons le cap vers le sud-est de l’archipel. Nous espérons trouver un meilleur abri du vent dans le secteur de Barentsøya avant de poursuivre vers Edgeøya, où un débarquement à Kapp Lee est envisagé pour le lendemain.
Après avoir navigué une partie de la nuit, nous nous sommes réveillés au niveau de Cap Lee, à Dolerittneset, sur la côte ouest de l’île de Edgeøya. Un débarquement était prévu pour débuter la journée, mais quelques instants avant la mise à l’eau des zodiacs, nos guides nous ont annoncé une nouvelle qui a immédiatement attiré toute notre attention : deux ours polaires venaient d’être repérés sur le site.
Le programme a donc été adapté. Plutôt que de débarquer, nous sommes partis explorer le secteur en zodiac, une excellente alternative qui nous a permis d’observer une faune exceptionnelle. L’un des deux ours était particulièrement actif, parcourant rapidement la toundra à la recherche de nourriture, tandis que l’autre était allongé au-dessus d’une falaise. Tout autour de nous, de nombreux rennes, principalement de grands mâles, paissaient tranquillement sur les pentes, tandis qu’une importante echouerie de morses occupait la plage près de l’ancienne cabane de trappeur. Certains dormaient paisiblement, d’autres évoluaient dans l’eau ou venaient rejoindre le groupe sur le rivage. En l’espace de quelques heures, nous avions observé trois des mammifères les plus emblématiques du Svalbard, c’était incroyable !
Après cette magnifique excursion, le Nanook a repris sa route vers le sud jusqu’à Sudneset, sur l’île de Barentsøya. Cette fois, aucun ours n’ayant été repéré, nous avons pu débarquer pour une longue randonnée à travers la toundra.
Les paysages étaient splendides. La végétation, particulièrement verdoyante en cette saison, contrastait avec les montagnes sombres et les glaciers au loin. De nombreuses fleurs, dont les délicates renoncules des neiges, ponctuaient le tapis végétal. Ici et là, plusieurs bois de rennes tombés naturellement reposaient sur le sol, rappelant le cycle annuel de ces animaux. Au fil de la marche, quelques rennes sont apparus dans le paysage, tandis que le panorama s’élargissait progressivement. Depuis les hauteurs, la visibilité était exceptionnelle : plus de cent kilomètres, jusqu’aux reliefs du sud du Spitzberg qui se dessinaient à l’horizon.
De retour à bord, nous avons entamé une longue navigation en direction du nord. Demain, si les conditions le permettent, nous espérons atteindre la banquise, objectif emblématique de toute expédition estivale au Svalbard.
En soirée, nos guides sont revenus sur les belles observations de la journée. Benjamin nous a présenté la biologie des eiders à duvet et des eiders royaux, deux espèces parfaitement adaptées aux eaux froides de l’Arctique. Antoine a quant à lui évoqué le départ, ce jour même, de la Tara polar station depuis Lorient, nouvelle plateforme scientifique destinée à l’étude de l’océan Arctique. Il a également consacré quelques explications au morse, impressionnant mammifère marin dont les longues défenses servent aussi bien à se hisser sur la glace qu’à établir une hiérarchie entre les individus. Se nourrissant principalement de mollusques qu’il détecte grâce à ses vibrisses très sensibles.
Une nouvelle journée riche en rencontres et en paysages s’achève. Le Nanook poursuit désormais sa route vers les hautes latitudes, où la banquise nous attend peut-être dès demain.
Nous nous réveillons à 7 heures après une nuit particulièrement agitée dans le Hinlopenstretet. Le vent et la forte houle ont considérablement ralenti notre progression vers le nord, et nous ne sommes pas parvenus à sortir du détroit pour rejoindre la glace de mer comme nous l’avions initialement prévu. Toujours dans le Hinlopenstretet, nous adaptons donc notre programme et bifurquons vers De Geerbukta. Nous y débarquons sur une ancienne plage surélevée, point de départ d’une belle randonnée. Notre marche nous conduit sur une crête offrant un superbe point de vue sur les reliefs environnants et sur une vaste vallée glaciaire. Après avoir profité du panorama, nous redescendons progressivement vers la plage avant de regagner le navire.

Un excellent déjeuner nous attend à bord, tandis que le bateau met le cap sur le Wahlenbergfjorden, sur la côte occidentale de Nordaustlandet. Dans l’après-midi, Antoine présente une conférence consacrée à la glace continentale et à la glace de mer, une excellente introduction à l’activité qui nous attend ensuite. En fin de journée, nous embarquons dans les Zodiacs pour longer la côte nord du Wahlenbergfjorden et naviguer devant un superbe glacier. Nous découvrons de magnifiques séracs, de nombreux icebergs et des lumières arctiques particulièrement belles, qui donnent au paysage une atmosphère spectaculaire.

De retour à bord, un briefing est organisé à 18 heures afin de présenter les conditions météorologiques et l’état des glaces que nous pourrions rencontrer le lendemain. Notre objectif reste de poursuivre notre progression vers le nord, en direction de l’océan Arctique et de la banquise. Benjamin propose ensuite un récapitulatif sur la circulation thermohaline, les grands courants océaniques et leur influence déterminante sur le climat.
Après un bon dîner, chacun rejoint rapidement sa cabine afin de récupérer de la nuit précédente et de reprendre des forces avant de poursuivre notre exploration, cette fois dans l’environnement de la glace de mer sur l’océan Arctique, loin au nord des côtes de l’archipel du Svalbard.
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