Xavier Allard
Arctique
7 février
14 février 2026
Xavier Allard
Arctique
Après nos vols, nous arrivons à Tromsø, ville norvégienne située au-delà du cercle polaire arctique. Nous rejoignons notre navire, l’Explorer, qui nous attend en centre-ville, au quai numéro 8. L’embarquement se fait progressivement en fin d’après-midi, au fil des arrivées. Nous sommes accueillis chaleureusement par notre guide Xavier et Morgane, notre stewardesse.
La nuit est déjà tombée : en cette fin janvier, les journées sont encore très courtes au-delà du 69ᵉ parallèle nord. Plusieurs briefings nous permettent de prendre nos marques à bord, avant de savourer quelques amuse-bouches et de partager un verre de bienvenue pour célébrer notre arrivée à bord du Grand Explorer. Nous restons à quai pour le dîner, tandis que quelques aurores boréales sont observées dans le ciel de Tromsø.

Nous entamons la journée par la découverte de Tromsø, une ville riche d’histoire et de culture. Première étape : une visite guidée du centre-ville en compagnie de Xavier. Il nous raconte l’histoire fascinante de la ville, fondée au XIIᵉ siècle, qui fut longtemps un centre commercial et un carrefour maritime essentiel pour le commerce dans l’Arctique.
Nous découvrons plusieurs lieux incontournables, dont la statue de l’explorateur Roald Amundsen, l’un des plus grands héros de l’exploration polaire, ainsi que la cathédrale en bois datant de 1862, symbole de l’héritage religieux de Tromsø.

Nous admirons également la bibliothèque, bâtiment moderne abritant une riche collection de savoirs, ainsi que la mairie, témoin du développement urbain de la ville.
La visite s’achève au musée de l’Expédition polaire, où Xavier, avec enthousiasme, nous fait revivre les récits d’explorateurs et de trappeurs partis à la conquête des confins de l’Arctique. Ce musée met en lumière l’histoire des grandes expéditions polaires et nous plonge dans l’époque où Tromsø était un point de départ majeur pour ces aventures audacieuses.
De retour à bord, nous déjeunons rapidement avant de repartir en taxi vers la cathédrale arctique, œuvre architecturale emblématique construite en 1965. Sa silhouette unique évoque les paysages glacés de la Norvège : des lignes modernes et épurées qui semblent se fondre dans l’environnement naturel. Conçue comme un hommage à la lumière et à la beauté de l’Arctique, sa construction a représenté un véritable défi dans des conditions aussi extrêmes.
Après avoir traversé le pont de Tromsø, nous profitons d’un temps libre pour faire quelques achats en ville.
À 17h30, le navire quitte le quai en direction des Lofoten. L’equipage du navire se présente et Xavier nous invite ensuite à une conférence passionnante sur la Norvège, mêlant géologie, histoire viking et découverte du pétrole. Nous apprenons beaucoup sur ce pays unique. Un apéritif accompagne la présentation du programme de la semaine à venir ainsi que celui du lendemain.
Au réveil, l’Explorer fait face à Sandøya, un petit îlot paisible des Vesterålen, enveloppé d’une lumière hivernale douce et feutrée. Peu habitée, cette île séduit par ses plages de sable clair et son caractère intact, à l’écart de toute effervescence humaine. Après le petit-déjeuner, les zodiacs sont mis à l’eau : pour cette première excursion de la croisière, l’enthousiasme est bien présent.
En navigation, nous longeons de vastes fermes marines dédiées à l’élevage du saumon, pilier majeur de l’économie norvégienne. La Norvège figure parmi les principaux producteurs mondiaux, et ces installations sont strictement réglementées afin de réduire leur impact sur l’environnement. Xavier nous détaille les pratiques de gestion durable, tout en évoquant les défis écologiques et économiques liés à cette activité.
Nous approchons ensuite de la plage immaculée de Sandøya. Une courte randonnée nous mène au point culminant de l’île, d’où s’offre à nous un panorama remarquable sur les archipels des Lofoten et des Vesterålen. Le temps, résolument hivernal, accentue la rudesse et la grandeur des paysages environnants.

La navigation se poursuit dans l’Ingelsfjord, à bord des zodiacs. Le silence est presque total, seulement rompu par le clapotis de l’eau et le souffle du vent glacé. Sur les pentes abruptes, nous distinguons trois élans : une femelle accompagnée de son petit de l’année, et un peu plus bas, un impressionnant mâle adulte, massif et solitaire.
De retour à bord de l’Explorer, nous partageons le déjeuner avant de reprendre la mer dans le Raftsundet, étroit passage reliant les Lofoten aux Vesterålen. Ce détroit est célèbre pour ses reliefs spectaculaires et les jeux de lumière qui métamorphosent sans cesse le paysage.
Aux alentours de 13h50, nous arrivons devant l’entrée du mythique Trollfjord. Une nouvelle sortie en zodiac nous permet de pénétrer au cœur de ce fjord emblématique du Nordland. Long de seulement 2,7 kilomètres et parfois resserré à moins de cent mètres, il impressionne par ses falaises abruptes qui semblent se refermer sur nous. Lieu chargé de mythes et de légendes, le Trollfjord a inspiré de nombreux artistes et écrivains norvégiens.

Nous débarquons près de la centrale hydroélectrique, presque entièrement enfouie sous la neige, illustration discrète de l’ingéniosité norvégienne face aux conditions extrêmes. Nous explorons ensuite un bras secondaire du fjord, jusqu’à ce qu’une épaisse barrière de glace nous empêche d’aller plus loin. La lumière y est douce et diffuse, aux teintes pastel, créant une ambiance irréelle, suspendue hors du temps. Nous passons devant le hameau de Rafsundet avec l’architecture et les couleurs des maison des Lofoten.
Vers 16 heures, nous regagnons le navire pour savourer une boisson chaude bien méritée. Tandis que l’Explorer met le cap sur Svolvær, Xavier nous captive avec une conférence sur la dynamique des courants marins. Son exposé, aussi clair que passionnant, retient toute notre attention et enrichit encore l’expérience de la journée.
À l’approche du port, la statue de la Femme du pêcheur se détache sur l’horizon. Haute de cinq mètres, elle incarne l’attente silencieuse et courageuse des femmes guettant le retour de leurs maris partis en mer, hommage poignant à l’histoire humaine et maritime des Lofoten.

Après l’amarrage, une courte promenade nous permet de découvrir Svolvær, principale ville de l’archipel, autrefois village de pêcheurs et aujourd’hui pôle culturel et touristique animé. Nous visitons ensuite le Magic Ice Lofoten, un bar entièrement sculpté dans la glace et maintenu à température négative toute l’année. Emmitouflés dans des ponchos thermiques, nous dégustons des cocktails servis dans des verres de glace, entourés de sculptures inspirées des paysages et des traditions locales.
La journée s’achève autour du dîner, chacun gardant l’espoir d’apercevoir les aurores boréales illuminer le ciel arctique. Une nouvelle étape, intense et mémorable, vient s’ajouter à ce voyage hors du commun, déjà gravé dans nos souvenirs.
Le jour se lève sur le port protégé de Reine, sans doute l’un des sites les plus spectaculaires des Lofoten. Blotti au sud de l’archipel, le village semble posé entre des sommets abrupts dont les parois plongent directement dans les eaux limpides du fjord. Sous un ciel parfaitement dégagé, la lumière révèle l’intensité turquoise de la mer et souligne les lignes acérées des montagnes environnantes.
Nous entamons une marche dans la neige vers un promontoire dominant le fjord. À mesure que nous progressons, le décor se déploie avec majesté : les pics déchiquetés se dressent dans toute leur verticalité, encadrant les maisons colorées disséminées le long du rivage. Les teintes deviennent plus douces, presque poudrées, et offrent un tableau d’une finesse saisissante.
Plus tard, nous embarquons à bord du zodiac en direction de Rostad, petit hameau isolé au fond du Kirkefjord. Un couple d’agriculteurs y mène une existence presque autosuffisante. Quelques moutons et vaches, immobiles dans le paysage enneigé, semblent observer notre passage. Au fil de la navigation, d’autres habitations discrètes apparaissent, comme dissimulées au creux des reliefs. Le ciel parfaitement clair dévoile toute la puissance minérale des montagnes, dont la présence impose à la fois respect et sérénité. Un aigle pêcheur attire longuement notre attention, posé avec majesté sur un rocher.

Reine est indissociable de ses rorbuer, ces anciennes cabanes de pêcheurs peintes de rouge, d’ocre ou de jaune, devenues emblématiques des Lofoten. La pêche au cabillaud structure la vie locale depuis des siècles. Chaque hiver, le skrei, cabillaud migrateur venu de la mer de Barents, rejoint ces fjords pour se reproduire. Ce phénomène saisonnier, spectaculaire, a façonné l’économie et l’identité de la région. Xavier nous en détaille l’histoire au cours de la visite.
Nous longeons ensuite le village, observant les anciennes usines de transformation et les bateaux traditionnels du début du XXe siècle, véritables témoins d’un passé maritime intense. Le silence ambiant n’est troublé que par le léger clapotis de l’eau et le souffle du vent. Reine dégage une atmosphère presque irréelle, expliquant aisément l’attrait qu’il exerce sur les artistes et les photographes.

Durant le déjeuner, le navire met le cap vers Nusfjord. Une heure de navigation à travers des paysages sauvages et encaissés nous mène jusqu’à ce port parfaitement abrité. Classé et préservé, Nusfjord compte parmi les plus anciens villages de pêcheurs des Lofoten. Ses rorbuer, entrepôts et hangars racontent la vie exigeante des marins du siècle dernier.
La visite nous conduit à la scierie, à la forge et dans un ancien hangar à bateaux. Un film retrace ensuite le quotidien de ces hommes confrontés aux rigueurs du climat arctique. Une courte montée nous permet d’embrasser d’un regard l’ensemble du village et du fjord, dans un calme presque solennel.
Nous terminons l’après-midi dans un café historique datant de 1907. Boissons chaudes et pâtisseries maison accompagnent ce moment convivial, hors du temps.

De retour à bord, la mer reste paisible. Certains profitent de cette mer calme pour tenter leur chance à la pêche : une dizaine de lieus noirs sont remontés à bord, promesse d’un futur repas préparé par notre cuisinière.
À 19 heures, Xavier anime une conférence dédiée aux aurores boréales. Il mêle récits traditionnels et explications scientifiques, décrivant l’interaction entre le vent solaire et le champ magnétique terrestre. Les particules chargées entrant en collision avec l’oxygène et l’azote de la haute atmosphère produisent ces voiles lumineux verts, parfois rouges ou violets.
La journée s’achève de la plus belle manière : nos premières aurores boréales apparaissent dans le ciel limpide des Lofoten. Le spectacle, à la fois magique et bouleversant, semble unir science et poésie dans une même émotion.
Le matin s’annonce dans une lumière feutrée. Les reliefs blanchis par la neige se teintent de nuances rosées et bleutées, conférant au paysage une douceur presque irréelle. Certains, encore émerveillés par les aurores de la veille, ont prolongé la nuit pour en savourer chaque instant.
Nous embarquons en zodiac vers Henningsvær, glissant sur une mer calme. À l’approche du village, le décor impressionne : maisons colorées, montagnes abruptes et eaux cristallines composent une scène d’une grande harmonie. Les façades se reflètent paisiblement dans le port baigné de lumière.
Henningsvær s’est construit autour de la morue séchée, activité qui demeure aujourd’hui essentielle. Les bateaux accostent régulièrement pour décharger leurs prises. Le cabillaud est nettoyé, puis suspendu sur d’immenses séchoirs en bois exposés au vent marin. Notre promenade nous permet de suivre toutes les étapes de ce processus ancestral, face au panorama spectaculaire du Vestfjord.

La matinée se conclut par la relève de paniers à crabes déposés au fond du fjord. Huit beaux spécimens sont hissés à bord et rejoindront également notre table lors d’un prochain repas.
À l’heure du déjeuner, nous retrouvons L’Explorer qui met ensuite le cap sur l’île de Skrova. La cheffe nous régale d’un nouveau repas généreux et raffiné.
L’après-midi, une plage de sable blanc nous accueille pour une première escale. Les eaux turquoise contrastent étonnamment avec la saison hivernale. Des traces de loutres marquent le sable, mais les animaux restent invisibles. Nous poursuivons vers le centre de Skrova en contournant le phare solidement ancré sur son promontoire rocheux.
Surnommée « l’île de la baleine », Skrova doit ce nom à son passé lié à la chasse aux cétacés. Le village, peuplé d’environ 200 habitants, conserve les traces de cette époque qui a profondément marqué son identité.

En fin de journée, Xavier nous entraîne dans l’univers fascinant de la mythologie nordique. Odin, Thor, Loki et l’arbre-monde Yggdrasil peuplent ses récits. Les aurores boréales y sont évoquées comme les reflets des armures des Valkyries guidant les guerriers vers le Valhalla. Ces légendes donnent aux paysages arctiques une dimension mystique supplémentaire.
La soirée s’achève autour d’un dîner savoureux, préparé avec soin par notre chef et partagé dans une ambiance chaleureuse. Une nouvelle journée riche en découvertes se referme, entre histoire, nature et traditions nordiques.
Le bateau naviguera toute la nuit en direction de Andenes par le passage intérieur.
Ce matin, après une nuit de navigation, nous atteignons le nord des Vesterålen, à l’extrémité de l’île d’Andøya, près d’Andenes, en Norvège. Nous naviguons à la recherche des souffles de baleines. Les conditions sont houleuses, avec des creux atteignant trois mètres.
Xavier nous annonce avoir repéré les souffles d’un groupe d’orques. Elles sont plusieurs. Leurs silhouettes noires et blanches fendent la surface de l’eau avec une élégance souveraine. Elles glissent silencieusement, surgissent à l’unisson pour respirer, puis replongent avec une puissance maîtrisée. Leurs nageoires dorsales, hautes et effilées, tranchent la mer comme des lames, tandis que leurs flancs brillent sous la lumière froide du Nord. Leur présence impose le respect : ce sont les reines de ces eaux profondes.

Au cours de la journée, nous apprendrons que l’orque est le plus grand représentant de la famille des delphinidés. Prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, elle vit en groupes familiaux structurés autour d’une matriarche. Chaque groupe possède ses propres techniques de chasse et ses vocalisations spécifiques, une véritable culture transmise de génération en génération. En Norvège, elles se regroupent notamment en hiver pour chasser les harengs, utilisant des stratégies collectives spectaculaires pour rassembler les bancs de poissons.
Peu après, des souffles de cachalots sont signalés. Le bateau met le cap dans leur direction. Bientôt, nous distinguons les animaux qui plongent lentement, dévoilant leur immense nageoire caudale avant de disparaître dans les profondeurs.
Le cachalot, que nous observons ici dans son habitat privilégié, est le plus grand des cétacés à dents. Capable de plonger à plus de 2 000 mètres de profondeur pendant près d’une heure, il chasse principalement les calmars dans les grandes fosses sous-marines comme celle de Bleik. Sa plongée caractéristique, lorsqu’il dresse sa nageoire caudale hors de l’eau, marque le début d’une longue descente vers les abysses.

Nous poursuivons notre exploration au large des côtes. Sous nos coques s’étend un canyon sous-marin spectaculaire : la fosse de Bleik, en mer de Norvège. Ce canyon abyssal atteint près de 2 000 mètres de profondeur, faisant de ce site l’un des environnements les plus riches en biodiversité de la région. La concentration exceptionnelle de nutriments y attire une grande variété de proies, créant un écosystème florissant qui soutient de nombreux prédateurs marins : baleines, cachalots, orques et globicéphales.
Soudain, nous apercevons les souffles d’un autre groupe d’orques. Nous observons également au moins cinq baleines à bosse, quatre grands rorquals ainsi qu’un petit rorqual.
Les baleines à bosse se reconnaissent à leurs longues nageoires pectorales et à leurs comportements parfois spectaculaires en surface. Les grands rorquals comptent parmi les plus grands animaux de la planète, tandis que le petit rorqual, plus discret, fréquente régulièrement ces eaux riches en nourriture. Tous appartiennent au groupe des mysticètes, ou baleines à fanons : ils filtrent de grandes quantités d’eau grâce à leurs fanons pour capturer krill et petits poissons.

Dans le ciel, le spectacle est tout aussi magique : un véritable ballet d’oiseaux marins accompagne cette scène grandiose.
Nous poursuivons la navigation jusqu’au-dessus de la fosse abyssale. Ici, c’est le royaume des cachalots. Nous en observons plusieurs, parfois à seulement une dizaine de mètres du bateau. Nous les voyons plonger verticalement, photographiant leurs immenses nageoires caudales qui se dressent hors de l’eau avant de disparaître lentement dans l’abîme.
Après cette matinée dense et inoubliable, nous mettons le cap sur l’île de Senja, que nous longerons durant l’après-midi.
En fin de journée, à 17h30, Xavier nous propose une conférence consacrée aux mammifères marins rencontrés. Il nous rappelle que les cétacés se divisent en deux grands groupes :
– les mysticètes, ou baleines à fanons (comme les baleines à bosse et les rorquals),
– les odontocètes, ou cétacés à dents (comme les orques et les cachalots).
Tous sont parfaitement adaptés à la vie marine : ils respirent à l’air libre grâce à leurs évents, possèdent une épaisse couche de graisse isolante pour résister aux eaux froides, et, pour les espèces à dents, utilisent l’écholocation afin de se repérer et de chasser dans l’obscurité des profondeurs.
Cette mise en perspective scientifique donne un éclairage nouveau aux observations de la journée et renforce encore notre admiration pour ces géants fascinants des océans.
C’est vers 1h30 du matin que certains d’entre nous ont pu admirer un spectacle d’aurores boréales. Elles dansaient au-dessus du bateau, ondulant en voiles verts et argentés dans le ciel arctique, tandis que les silhouettes majestueuses des Alpes de Lyngen se découpaient en toile de fond.

Dans le silence de la nuit polaire, seulement troublé par le clapotis de l’eau contre la coque, les lumières semblaient vivantes, se déployant en arcs lumineux puis se dissipant doucement avant de renaître ailleurs dans le ciel. Un moment suspendu, presque irréel, qui vient parfaire cette journée exceptionnelle au nord de la Norvège.
Après pour certain une nuit à observer les aurores boréales à l’aube, nous ouvrons les rideaux sur l’un des plus impressionnants décors du nord de la Norvège : les Alpes de Lyngen. Ici, les sommets escarpés jaillissent directement des fjords, créant une rencontre spectaculaire entre la rudesse minérale et la quiétude des eaux sombres. Cette péninsule montagneuse, hérissée de pics dépassant pour certains les 1 800 mètres, incarne toute la puissance sauvage de l’Arctique.
Le thermomètre indique –4 °C et la météo est belle !
Nous embarquons à bord des zodiacs pour rejoindre l’île de Follessøyan, point de départ de notre sortie en raquettes. En approchant de l’île, la silhouette majestueuse des Lyngen se découpe derrière nous, telle une muraille naturelle. Une fois débarqués, Xavier prend la tête du groupe et ouvre la trace dans une neige poudreuse, épaisse d’environ 15 centimètres, encore intacte.

Le sentier longe d’abord le rivage, bordé de bouleaux aux troncs clairs qui se détachent sur le blanc éclatant du paysage. Plus loin, nous pénétrons à l’intérieur des terres, dans un petit bois où se côtoient mélèzes et pins. Notre guide nous explique leurs particularités : le mélèze, rare conifère à perdre ses aiguilles en hiver, et le pin, toujours vert malgré le froid, chacun participant à l’équilibre fragile de cet environnement nordique.
Nous avançons dans un silence presque absolu, seulement troublé par le crissement régulier des raquettes. Autour de nous, les montagnes dominent l’horizon, témoins des forces géologiques qui ont façonné ces reliefs abrupts.
Au sommet, nous faisons une pause pour admirer la vue : fjords sinueux, îlots dispersés et chaînes montagneuses s’étendent à perte de vue. L’émotion est palpable. La descente nous ramène ensuite vers la côte, où un petit chalet et son ponton surplombent une mer parfaitement lisse. Un zodiac envoyé par l’équipage du Grand Explorer vient nous récupérer pour regagner le navire et savourer un déjeuner bien mérité.

En début d’après-midi, nous mettons le cap sur Hamnnes, un minuscule village côtier à l’histoire étonnante. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que de nombreuses localités du nord furent incendiées lors de la retraite allemande en 1944, Hamnnes échappa à la destruction. Certains officiers auraient refusé d’exécuter les ordres de représailles, permettant ainsi au hameau de conserver ses bâtiments anciens.
Autrefois animé par la pêche et le commerce maritime, le village vivait au rythme des saisons et des arrivages du fjord. Le quai constituait son centre névralgique, lieu de travail et de rencontres. Aujourd’hui encore, en arpentant les passerelles de bois, on perçoit l’empreinte de ce passé, mêlée à la tranquillité du paysage environnant.
Nous traversons les ruelles jusqu’à un promontoire offrant une vue dégagée sur la côte, puis certains poursuivent le long de la route littorale. Plus tard, nous visitons le petit musée installé dans les anciens bâtiments du comptoir commercial. Photographies d’époque, objets du quotidien et archives racontent la vie des habitants et l’importance de la mer dans leur histoire.

En quittant Hamnnes, nous laissons derrière nous un lieu discret, presque hors du temps, où la nature et la mémoire humaine cohabitent harmonieusement.
La soirée marque la fin de notre aventure. Après une dernière intervention de Xavier consacrée à la science de la neige, nous partageons un moment convivial autour d’un verre. Le capitaine nous adresse ses remerciements. Comme nous dire au revoir le ciel nous offres un dernier spectacle un ballet d’aurores boréales qui dans dans la voute céleste.
Le cœur un peu serré, nous débarquons au matin pour rejoindre l’aéroport. Ces journées passées entre mer et montagnes resteront gravées en nous : paysages saisissants, navigations polaires et instants de partage composent désormais un précieux album de souvenirs.
Un immense merci à toute l’équipe qui a rendu cette expédition si mémorable.
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