Une brève histoire de deux explorations scientifiques en Amazonie

L’Amazonie est une région d’Amérique du Sud qui s’étend sur différents pays. Son nom provient du fleuve Amazone qui traverse ce vaste bassin au climat tropical. Le plus grand fleuve d’Amérique a été nommé “amazone” au XVIème siècle par les premiers explorateurs qui ont relaté la présence de femmes guerrières dans la région.

Suite à sa découverte au début du XVIème siècle, ce “territoire sauvage” n’a cessé de susciter la curiosité et de nombreuses explorations ont été menées, tentant d’y pénétrer tantôt par son embouchure, tantôt par les Andes.

Croisière Amazonie

Animés par la découverte de l’inconnu et par une quête de connaissance, deux explorateurs ont largement contribués à faire connaître ce bassin connu aujourd’hui pour être le plus grand réservoir de biodiversité de la planète : il y a environ soixante fois plus d’arbres dans la forêt amazonienne que d’êtres humains sur la Terre ; une espèce d’oiseau sur cinq dans le monde vole dans la forêt amazonienne ; et une espèce de poisson sur cinq nage dans ses rivières. Ces découvertes n’ont été possible que grâce à ces explorateurs qui ont plongé au coeur de ces “enfers verts”. Voici une brève histoire de Charles Marie de la Condamine et du baron Georg Heinrich von Langsdorff.

Charles Marie de la Condamine : cartographie de l’Amazonie

Cet explorateur et scientifique français, astronome et encyclopédiste du XVIIIème siècle est le premier à avoir fait le relevé cartographique du fleuve de manière scientifique permettant ainsi à ses successeurs de construire leurs explorations futures.

Arrivé sur le continent pour une mission de l’Académie des Sciences de Paris en 1735 avec onze autres savants, ils étaient chargés d’effectuer la mesure de la longueur du méridien à l’Équateur et ainsi répondre à la question qui agite tous les scientifiques de l’époque : la terre est-elle vraiment ronde ou aurait-elle la forme d’un « ellipsoïde aplati », comme le dit Newton ?

A la fin de cette mission, il décide de traverser le continent d’Est en Ouest afin de rentrer en Europe. Il pénétra ainsi en 1743 dans le fleuve orangé par le Chuchanga (Pérou), plus haut que ses prédécesseurs, et fut ainsi le premier scientifique à descendre le fleuve Amazone depuis Jaén (Pérou) jusqu’à Para (Belém).

Outre la cartographie, son apport fut capital dans l’observation de la faune et la flore amazoniennes. Il revient à Paris en 1745 et rapporte avec lui plus de deux cents objets d’histoire naturelle et des descriptions superbes d’animaux inconnus : jaguar du Brésil, condor des Andes, mico d’Amazonie, colibri de Quito, trompette de Guyane. Concernant la botanique, il découvre l’arbre à caoutchouc (en quechua cao signifie « bois » et tchu « qui pleure ») et l’usage du curare, poison utilisé pour enduire les flèches et qui provoque une paralysie des muscles.

L’expédition Langsdorff, un travail naturaliste de grande ampleur

Hériter de Charles Marie de la Condamine, Georg Heinrich von Langsdorff (1774–1852), aristocrate russe, politicien et naturaliste entreprend en 1825 une expédition scientifique de grande ampleur en Amazonie. Membre de l’Académie des sciences de Russie, chargé d’affaires du tsar Alexandre 1er et consul général de Russie au Brésil depuis 1821, il a préparé pendant quatre ans une expédition un peu folle et largement méconnue. Passionné de l’Amérique du Sud et plus particulièrement du Brésil, le baron Langsdorff affirme que « Tout homme qui aspire à connaître des émotions lyriques doit se rendre au Brésil ! » (1820).

L’expédition Langsdorff en vivra des émotions !
Trois ans après l’indépendance du Brésil et dans un climat politique instable, l’expédition Langsdorff, avec quarante personnes et sept bateaux, quitta le port de Rio de Janeiro le 3 septembre 1825 avec pour objectif d’aller découvrir la région du Mato Grosso (nord-ouest du Brésil) en remontant le cours des fleuves et des rivières par une zone encore inexplorée.
Après un début sans encombres dans le village de Jundiai à 200 kilomètres dans les terres, les hommes de l’expédition rencontrent les populations locales au mode de vie proche de la nature et y réalisent un travail naturaliste poussé : ils recensent, collectent, classent et testent des plantes jusqu’alors inconnues. Épuisés et malades ils arrivent deux ans après leur départ dans la région du Mato Grosso à Cuiaba située à 1500 kilomètres à vol d’oiseau de Rio. Ils y restent une année afin d’accroître le fruit extraordinaire et si précieux de leur expédition : des centaines de carnets, de dessins et herbiers contenant d’importantes contributions dans les domaines de la botanique, de la zoologie, la minéralogie, l’ethnologie, la médecine, la linguistique…
Ils rejoignent finalement Rio le 13 mars 1829, soit près de trois ans après leur départ et 6 000 km parcourus. Harassé, le baron Langsdorff est rapatrié en Europe.

L’Amazonie, une biodiversité formidable à découvrir

Les explorations scientifiques de Charles Marie de la Condamine et du baron Langsdorff ont non seulement contribué au progrès scientifique, mais aussi développé l’émerveillement face à la diversité naturelle de notre planète, l’Amazonie étant le coeur de cette biodiversité. Même si l’on ne peut plus considérer aujourd’hui l’Amazonie comme une terra incognita, on sait toutefois qu’il existe encore quantité d’espèces animales ou végétales qui n’ont pas encore été répertoriées, plus étranges et fascinantes les unes que les autres.

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