Xavier Allard
Arctique
12 mai
20 mai 2026
Xavier Allard
Arctique
Rémi Favre
Polaire et Animaux Marins
Après une journée libre à découvrir la communauté de Longyearbyen, capitale administrative du Svalbard et ville la plus septentrionale du monde, entre le musée, le centre-ville et une balade aux alentours, c’est à 17 h que nous embarquons sur le Nanook, notre bateau d’expédition pour la semaine à venir.

Nous sommes accueillis par nos deux guides, Xavier et Rémi, ainsi que par Christian, le fondateur de Grands Espaces. Nous découvrons nos cabines puis participons à l’exercice de sécurité. À 18 h, le bateau quitte le quai et nous commençons notre navigation vers le nord, dans l’Isfjord.
Après la réunion d’information, il est déjà temps de passer à table. Nous profitons ensuite de la soirée jusqu’au moment où le bateau jette l’ancre dans le Saint Jonsfjorden. Les lumières du soir sont magnifiques et le soleil de minuit brille au milieu du ciel.

Ce matin, la mer est d’huile, un véritable miroir. Les montagnes et le ciel se reflètent dans l’eau, au point que l’on ne sait plus où se trouvent le haut et le bas.
Xavier et Rémi nous donnent des informations sur les zodiacs et les règles de sécurité à bord, puis nous partons pour une belle navigation le long de la banquise du fjord. Nous faisons une superbe approche d’un phoque barbu qui se repose sur la bordure de glace.

Nous poursuivons ensuite nos observations : guillemots, fulmars, mouettes et un second phoque, cette fois-ci un phoque du Groenland. À certains endroits, la banquise est en pleine débâcle ; de grandes plaques morcelées offrent de magnifiques paysages et de très belles opportunités de photos.
Nous continuons ensuite notre découverte et débarquons cette fois directement sur la banquise. Nous sommes au milieu du fjord, avec 80 mètres de profondeur sous nos pieds. Nous marchons en file indienne, laissant nos traces dans la neige qui recouvre la glace. Une immense étendue blanche s’étire sur plusieurs kilomètres, avec un glacier en toile de fond.

Après cette belle balade, nous réembarquons dans notre zodiac. Avant de rejoindre le bateau, nous observons un couple de lagopèdes au sommet d’une moraine.
À peine arrivés qu’il est déjà temps de déjeuner.
À la sortie du Saint Jonsfjorden, nous avons également la chance d’observer plusieurs bélugas nageant dans les eaux calmes du fjord, leurs silhouettes blanches apparaissant par moments à la surface.
C’est à 14 h 30 que nous retrouvons Christian pour un moment d’échange consacré au Spitzberg. Entre discussions, questions et anecdotes, nous apprenons de nombreuses informations sur cet archipel fascinant, son histoire, ses habitants et les conditions de vie dans le Grand Nord.
Le bateau reprend ensuite sa route dans le Forlandsundet et jette l’ancre dans la baie de Hornbækbukta En milieu d’après-midi, nous repartons en zodiac pour une longue navigation le long de l’isthme de Sarstangen, cette étroite bande de sable qui sépare le Spitzberg de l’île du Prince Charles. Cette île sauvage et montagneuse, appelée aussi Prins Karls Forland, est connue pour ses nombreuses colonies de morses.
Nous débarquons à son extrémité, où se trouve une colonie d’une quarantaine de morses. Certains se reposent au soleil, d’autres pataugent dans l’eau, tandis que les plus courageux remontent ou redescendent la plage de sable. Plusieurs individus, très curieux de notre présence, viennent à notre rencontre et nous observent autant que nous les observons.

Nous passons de longs moments avec eux dans un paysage grandiose : un immense ciel bleu, avec en toile de fond le Monacofjellet.
Nous terminons l’après-midi par une magnifique croisière en zodiac devant le front du glacier Aavatsmarkbreen. Nous nous trouvons à quelques centaines de mètres de ce superbe glacier d’un blanc intense, parcouru de crevasses et de tours de glace.
Plusieurs icebergs flottent devant le glacier ; sur l’un d’eux, un morse profite du soleil. Nous l’observons un long moment avant de faire demi-tour pour regagner le bateau.
À 19 h 30, nous sommes tous conviés au verre de bienvenue en présence du capitaine, de Christian et de nos guides. Nous portons un toast à ces belles journées et à la semaine que nous allons partager ensemble. Christian et le capitaine nous racontent ensuite plusieurs anecdotes de leurs aventures dans le Grand Nord.
Le bateau jette finalement l’ancre dans la baie de Garibaldi, au pied de grandes montagnes dont certaines culminent à plus de 1 000 mètres d’altitude.
Après le dîner, Xavier nous invite à une conférence passionnante consacrée à l’archipel du Svalbard. Il nous présente d’abord l’histoire de ces îles découvertes par l’explorateur néerlandais Willem Barentsz en 1596, puis fréquentées pendant plusieurs siècles par les baleiniers, trappeurs et explorateurs polaires. Il évoque également les conditions de vie extrêmes des premiers hivernants ainsi que l’évolution de Longyearbyen, passée d’une cité minière à un centre scientifique et touristique tourné vers l’Arctique. et nous donne également les indications sur le passage étroit que nous devons emprunter à marée haute.
La navigation est splendide, avec le soleil qui illumine les montagnes.
Ce matin, nous sommes toujours en navigation en route pour l’île de Moffen : nous franchissons symboliquement le 80e parallèle ! Plus au nord, sur le même méridien, il n’y a plus aucune terre avant le pôle. Peut-être que certains parmi nous auront ressenti des fourmis dans les pieds au passage du 80e…
À 9h, nous sortons les zodiacs pour effectuer le tour symbolique de cet atoll, redouté par les navigateurs d’antan par temps de brouillard, tant l’îlot est plat et peu visible, mais également tristement connu pour le massacre des morses par les baleiniers du XVIIe siècle, venus exploiter leur précieux ivoire.
Nous admirons quatre échoueries de morses et assistons à l’ascension fastidieuse de quelques individus sur la grève de galets. Pendant que certains grimpent, d’autres roulent pour descendre en économisant le plus d’énergie possible.
Nous débarquons ensuite pour prendre pied sur l’îlot. Quelques goélands bourgmestres, grands labbes et plongeons catmarins sont déjà présents autour de la lagune centrale : ces lieux deviendront bientôt un site de nidification majeur. Nous avons bien fait de débarquer aujourd’hui car demain, le 15 mai, la loi impose de ne plus y accéder à moins de 500 m.

Après cette belle sortie, nous nous dirigeons vers le Woodfjorden, ainsi nommé en raison de la présence importante de bois flotté.
Nous commençons par la visite de la cabane de trappe d’Eiski Bayhytta, où nous admirons de près des traces d’ours fraîches… Plus loin, nous apercevons un renard polaire encore tout de blanc vêtu. Sa présence rappelle la motivation des trappeurs du XIXe siècle, venus exploiter leur fourrure d’hiver très prisée. Une balade sur les hauteurs nous permet de découvrir des pièges à renard et un beau canyon issu du lac glaciaire de Vårfluesjøen.

Une fois rentrés à bord du Grand Nanook, nous poursuivons notre visite du Woodfjorden vers sa branche sud, Midtbåen, à la recherche de l’ours. Nous scrutons attentivement la banquise de fjord présente. Quelques rennes sèment le doute dans notre prospection…
Nous remontons ensuite vers le Liefdefjorden, croisons devant les îles Måkeøyane puis arrivons dans notre zone de mouillage, près des moraines d’Erikbreen, face au glacier de Monaco.
Après le dîner, une sortie en zodiac est organisée en soirée pour prospecter autour des îles Lernerøyane. À la lisière de la banquise, un phoque barbu nous accueille de son chant. Sur la banquise, nous apercevons de vieilles traces d’ours, pendant que quelques rennes nous observent.
Nous terminons notre visite par la baie secrète d’Horbækpollen, où nous apercevons un phoque barbu, une colonie de mouettes tridactyles nichant dans les falaises de Wulffberget, et quelques rennes.

De retour au bateau, nous sommes chaleureusement accueillis par Christian, qui nous offre un verre et quelques anecdotes sur la vodka.
C’est sous un beau soleil que nous arrivons devant la baie d’Hamilton. Ce site abrite une importante colonie de mouettes tridactyles et de guillemots de Brünnich. Ces oiseaux marins, parfaitement adaptés aux eaux arctiques, nichent en grand nombre sur les falaises abruptes. Excellents plongeurs, ils peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres de profondeur pour capturer poissons et crustacés.

Nous partons en zodiac pour explorer la baie. Très vite, nous observons à deux reprises un renard polaire. Les oiseaux sont nombreux et nous naviguons entre les icebergs, au pied des glaciers, avant de poursuivre vers la baie de Smith.
De nombreuses traces d’ours sont visibles sur le rivage et, soudain, un ours polaire apparaît entre les rochers. Il est calme et nous pouvons l’observer longuement avant de regagner le navire pour le déjeuner.

L’après-midi, pendant la navigation dans les îles du nord-ouest, Christian nous parle des observations de la matinée. À 15 h, nous repartons en zodiac dans le Fluglefjord. Le grand glacier offre un spectacle impressionnant : un iceberg se brise devant nous en milliers de morceaux, suivi de deux vêlages spectaculaires.
Nous longeons ensuite la côte et observons une colonie de phoques veaux-marins avant de débarquer à Sallyhamna. Ce lieu isolé conserve les traces de l’histoire du Svalbard : une ancienne cabane de trappeur y subsiste encore, témoignage de la vie rude des hivernants qui vivaient ici dans des conditions extrêmes, souvent totalement coupés du monde pendant de longs mois. On y trouve également les vestiges d’une station baleinière du XVIIe siècle, époque où les baleiniers européens fréquentaient intensément ces eaux riches en cétacés.
Au-dessus de nous, les falaises résonnent du chant des mergules, petits oiseaux noirs et blancs vivant en colonies denses dans les éboulis rocheux.

Retour au bateau puis navigation dans le Raudfjord, où nous apercevons au loin l’ours observé le matin, longeant tranquillement la côte. La journée se termine par une conférence de Rémi sur les phoques et morses suivie du dîner.
Ce matin, nous levons l’ancre pour sortir du Raudfjorden en direction du fjord de Smeerenburg et son histoire baleinière. À très exactement 8h00, en pleine installation au petit déjeuner, Xavier nous annonce que Rémi a repéré un ours ! Les conditions et la dextérité du Capitaine nous permet une très belle observation. Il s’agit d’un beau mâle, couché près de la carcasse d’un phoque qu’il a hissé jusqu’au plateau de Slaadhuken où il se trouve.
Quelques goélands bourgmestres attendent leur tour et se rapprochent subtilement des restes, mais l’ours veille : celui-ci se relève afin d’écarter les voleurs, pour notre plus grand plaisir.

Nous continuons la navigation vers le Sud pour une sortie zodiac dans le Bjørndfjorden, devant le front de glace très actif du Smeerenburgbreen.
Nous commençons par un petit débarquement sur une magnifique petite plage de sable jaune où un promontoire granitique nous permet d’admirer le paysage : c’est splendide.

Nous continuons notre visite vers les tours de glace très découpées du glacier puis entrons dans le brash. Dans une petite baie, deux phoques veaux marins très curieux jouent autour du zodiac de Xavier, pendant que les passagers du zodiac de Rémi admirent les couleurs et les cupules d’un bel iceberg bleuté.
De retour au bateau, nous déjeunons puis Christian nous invite à une causerie autour de l’histoire baleinière du Spitzberg et de la région de Smeerenburg.
Nous redescendons ensuite pour entrer dans la Baie de la Madeleine où nous ressortons les zodiacs pour visiter la baie de Gully et son échouerie de morses : ceux-ci sont très actifs pour notre plus grand bonheur.
Nous traversons le Magdalenafjorden pour rejoindre sa rive Nord : nous coupons les moteurs afin d’écouter les pinaillements incessants des nombreux mergules nains qui nichent dans les pierriers du fjord. Nos yeux détectent d’abord quelques escadrilles de dizaines d’individus puis s’habituent : nous voyons alors des centaines, puis des miliers de mergules en plusieurs groupes : en vol, posés sur la neige, dans les pierriers : l’ambiance est grandiose.

Un petit phoque fait une apparition puis nous continuons le long de la rive où quelques rennes font leur apparition.
De retour à bord du Grand Nanook, Xavier nous propose une conférence très intéressante à propos des baleiniers.Nous dinons à l’ancre avant de reprendre la route vers le Sud devant la Côte des Sept Glaciers où nous somme s cueillis par un peu de houle, heureusement de courte durée puisque nous entrons pendant la nuit en Baie du Roi.
La nuit a été particulièrement calme au mouillage dans la baie de Blomstrandhamna, surnommée la « baie aux rivages en fleurs ». Au réveil, un ciel gris recouvre le fjord, mais la visibilité reste excellente et les montagnes se dessinent parfaitement dans la lumière arctique.
La matinée débute avec la formation de deux groupes. Avec Xavier, nous partons à terre pour explorer le rivage du glacier de Blomstarnd. Très vite, le paysage devient minéral et presque irréel : moraines, roches polies par les glaciers, étendues de graviers et plages surélevées témoignent de la lente transformation du paysage depuis le retrait des glaces. Malgré l’apparente austérité du décor, les premières saxifrages commencent à fleurir, apportant quelques touches de couleur au milieu des pierres.
Au détour d’une pente, nous observons un couple de lagopèdes alpins. Le mâle porte encore une partie de son plumage blanc d’hiver, tandis que la femelle, plus brune, se confond parfaitement avec les rochers. Adapté aux conditions extrêmes de l’Arctique, cet oiseau possède un plumage épais jusque sur les pattes, une véritable protection contre le froid.

Depuis les hauteurs, la vue s’ouvre sur la baie et les montagnes de l’île du Prince Charles. Le silence n’est interrompu que par le vent et quelques cris d’oiseaux.
Pendant ce temps, Rémi, Christian et le reste de l’équipe embarquent en zodiac pour naviguer au pied du glacier de Blomstrand. Entre les icebergs dérivant lentement dans les eaux du fjord, plusieurs phoques barbus sont observés. Avec leurs longues moustaches blanches et leur allure massive, ils semblent parfaitement à leur place dans cet univers de glace. Les zodiacs explorent également de petites grottes creusées dans les falaises de l’île avant de venir récupérer les randonneurs sur une plage isolée.

Après le déjeuner, le Grand Nanook s’engage dans un chenal qui était encore recouvert par un glacier il y a une trentaine d’années. Cette traversée illustre de manière saisissante le recul rapide des glaciers au Svalbard.
L’après-midi, nous repartons en zodiac dans la Kongsfjorden. Un phoque barbu se laisse approcher de très près sur son iceberg. Plus loin, quatorze phoques sont allongés au loin sur la banquise du fjord.
Nous longeons ensuite les pentes de Ossian Sarsfjellet, montagne réputée pour sa faune abondante. Plusieurs rennes du Svalbard paissent tranquillement sur les pentes encore enneigées. Deux d’entre eux s’approchent même avec curiosité pour nous observer.
Un peu plus loin, un lagopède apparaît entre les pierres avant que nous atteignions une impressionnante falaise à oiseaux. Des centaines de mouettes tridactyles et de guillemots de Brünnich y nichent dans un vacarme permanent. Au pied de la falaise, deux renards polaires sont aperçus en train de chercher de la nourriture parmi les éboulis et les restes laissés par les oiseaux.

De retour à bord, la journée est loin d’être terminée. Après le dîner, nous débarquons à Ny-Ålesund, l’un des villages habités les plus au nord du monde. Xavier nous raconte l’histoire fascinante de cette ancienne cité minière devenue aujourd’hui une importante base scientifique internationale consacrée à l’étude du climat et de l’environnement arctique.
Nous découvrons également le rôle joué par Roald Amundsen, dont les expéditions polaires partirent d’ici, notamment le célèbre vol du dirigeable Norge vers le pôle Nord en 1926.
La visite se poursuit dans une ancienne maison de mineurs puis dans le petit musée de la ville, qui retrace l’histoire de l’exploitation du charbon, des explorations polaires et des recherches scientifiques menées aujourd’hui dans l’archipel.
De retour à bord, Christian nous accueille avec un verre de vin pétillant afin de célébrer cette magnifique journée arctique. Dans une ambiance chaleureuse, il partage ensuite plusieurs anecdotes de ses différentes expéditions polaires : rencontres inattendues avec des ours, navigations compliquées dans les glaces dérivantes et souvenirs de bivouacs dans le Grand Nord. Ces récits passionnants prolongent encore un peu la magie de cette journée exceptionnelle.
En fin de soirée, tandis que Ny-Ålesund s’éloigne peu à peu dans la lumière pâle du soir arctique, le bateau reprend sa route vers la baie de La Croix.
Ce matin, nous nous réveillons à l’ancre dans le majestueux cirque formé par le magnifique front de glace du Lilliehöökbreen, long de 7 km, joyaux de la Baie de la Croix. Nous y retrouvons le Grand Explorer, mouillé lui aussi dans la baie, sur lequel Christian embarque pour une croisière vers le Nord. Nous sortons les zodiacs pour visiter plus avant cet imposant mastodonte de glace aux tours blanches et bleues. L’une d’entre elles tombe d’ailleurs devant nos yeux avec grand fracas.

Sur le plan d’eau, nous avons la chance d’admirer un couple de hareldes boréales avant d’entrer dans le brash et son crépitement si caractéristique : les glaçons pleins de bulles dans l’eau turquoise se prêtent merveilleusement bien à la composition photographique. Puis, Xavier débarque sur un îlot afin d’admirer les paysages alpins alentours : un ciel de plomb avec les traines de grésils dans la baie encombrée de brash et la blancheur des sommets enneigés terminées par l’immense muraille du glacier : le cadre du Krossfjorden est vraiment grandiose.
De retour au Grand Nanook, nous naviguons vers le Sud du Lilliehöökfjorden pour croiser devant Signehamna et son ancienne station météo nazie puis Cadiopynten et sa colonie d’oiseaux avant de rejoindre le fond de Tinayrebukta et son magnifique glacier suspendu. Nous gagnons ensuite la Baie du 14 Juillet, ainsi nommée suite aux expéditions du Prince Albert Ier de Monaco. Nous ressortons les zodiacs pour longer la toundra de la rive Nord ou nous apercevons 6 rennes sous les colonies de mouettes tridactyles.

Nous atteignons bientôt les falaises côtières où nichent quelques rangées de guillemots à miroirs, quelques couples de goélands Bourgmestres en reproduction et, clou du spectacle, une petite colonie de macareux moines aux becs colorés. Nous passons devant quelques grottes dues à l’érosions marine avant d’emprunter un passage secret entre les roches pour sortir de la baie.
Nous gagnons ensuite la rive Sud où un phoque veau marin se prélasse sur une roche affleurante dans une petite lagune, avant de débarquer pour une partie du groupe afin de découvrir les reliefs morainiques environnants. Nous prenons bien garde à évoluer uniquement sur la neige de manière à respecter la réglementation locale et prenons de la hauteur sur une crête de moraine afin d’admirer le panorama : en contre-bas, le front glaciaire encore actif du Glacier du 14 Juillet montre néanmoins des signes alarmants de retrait, comme ce reliquat de séracs piégé sur un ilot et destiné à fondre dans un avenir proche.
Nous enfonçons dans la neige printanière mais l’effort en vaut la chandelle : la vue sur la Baie est magique. Nous regagnons notre embarcation échouée par la marée descendante et après quelques efforts, nous regagnons le navire pour reprendre des forces.Après le diner, Xavier nous présente une conférence fort intéressante sur l’histoire et la vie rude des trappeurs Pomors et Norvégiens du Spitzberg.
Après cette très belle journée de découvertes, nous allons nous coucher, des images de glaces et de pics enneigés en tête.
Nous arrivons dans l’Isfjord vers 8h du matin. Le vent souffle déjà fort et la mer est agitée ; Xavier décide alors de nous mettre à l’abri dans la baie de Trygghamna. Malgré les conditions, nous embarquons à bord des zodiacs pour une nouvelle exploration de l’Arctique.
Une partie du groupe part marcher sur la moraine et le glacier, tandis que les autres découvrent la baie en zodiac entre les petites îles, au milieu des eiders et de nombreux oiseaux marins. À terre, le paysage est spectaculaire : une lagune aux eaux calmes dominée par un immense glacier en arrière-plan. Nous longeons une banquise fracturée échouée sur la plage, créant un décor saisissant et presque irréel. La montée le long de la langue glaciaire nous offre des vues grandioses avant le retour vers le rivage.

De retour à bord, nous passons sous Alkhornet, falaise emblématique située à l’entrée de l’Isfjord, célèbre pour son immense colonie d’oiseaux. Mais le vent forcit encore : des vagues de 2 à 3 mètres secouent désormais le navire et les rafales atteignent près de 35 nœuds. Xavier décide alors de rejoindre la baie abritée de Skansbukta, au fond de l’Isfjord.
Pendant la navigation, Rémi nous propose une conférence passionnante sur la nivologie, l’étude de la neige et de ses transformations dans les régions polaires. Une fois arrivés dans la baie, nous repartons en zodiac pour une dernière découverte. Les falaises sculptées par l’érosion prennent des allures de château fort. La baie abrite également plusieurs rennes que nous observons tranquillement depuis les embarcations, ainsi que de grands groupes de mouettes et d’autres oiseaux marins.

Nous débarquons ensuite sur le site d’une ancienne exploitation de gypse. Exploitée au début du XXe siècle, cette mine servait à extraire le gypse utilisé notamment dans la fabrication du plâtre et du ciment. On peut encore y voir plusieurs vestiges de cette époque : rails, câbles, structures en bois et anciens équipements abandonnés au pied des falaises. Dans cette atmosphère hors du temps, quelques rennes broutent la maigre toundra arctique.
Après cette dernière sortie, chacun profite une ultime fois du sauna et du jacuzzi. À 19h, nous partageons le traditionnel verre de l’au revoir avec nos deux guides et le capitaine, suivi d’une sélection des plus belles photos du voyage présentée par Xavier. Puis vient le dernier dîner à bord. À 22h30, après une navigation agitée, le bateau rejoint finalement le quai de Longyearbyen.
Au réveil, le bateau est amarré à Longyearbyen. Après cette semaine exceptionnelle au cœur du Svalbard, vient déjà le moment des au revoir. En fin de matinée, chacun quitte peu à peu le navire, des souvenirs plein la tête : les glaciers, la banquise, les oiseaux, les rennes, les mers agitées et les lumières uniques de l’Arctique.
Cette expédition nous aura offert une immersion rare dans un monde sauvage et fragile, rythmé par les rencontres avec la nature polaire et les découvertes.
Suivez nos voyages en cours, grâce aux carnets de voyages rédigés par nos guides.
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