L’archipel du Svalbard a servi de base internationale pour la chasse à la baleine au XVIIe et XVIIIe siècle.  On parle aussi de pêche à la baleine. Au retour d’un de ses voyages au XVIIe siècle, l’explorateur anglais Henry Hudson rapporte qu’il existe un grand nombre de baleines dans les régions nordiques. Cette prise de conscience suscite l’intérêt des Norvégiens, des Russes, des Hollandais et des Français qui se précipitent au Svalbard. Au vu du nombre de cercueils de marins découverts deux cents ans plus tard, on estime que les chasses étaient fréquentes. Plongeons au cœur de cette région pour nous intéresser à la chasse à la baleine. 

Retour sur l’histoire des baleiniers

Dès le XVIe siècle, les Basques, décrétés champions de la chasse à la baleine, sont engagés par les Anglais et les Hollandais à des postes clés : maîtres à dépecer, harponneurs, …  On estime que chaque été, 1000 à 2000 baleines étaient tuées par 50 à 150 hommes, essentiellement pour la graisse que l’on pouvait tirer de ces mammifères. C’est majoritairement pour se lancer dans le commerce que les Basques avaient voyagé dans des régions reculées comme jusqu’à l’île du Spitzberg.Chasse baleine

Une baleine permettait de remplir 70 à 140 barils, chaque baril contenait 160 litres d’huile. Un bateau chargé entièrement était donc une manne pour qui voulait se lancer dans un commerce juteux ! 

Le rythme effréné de la chasse à la baleine

Ce commerce est tellement lucratif que les pays se sont lancés dans une compétition féroce pour obtenir une part de cette richesse arctique. Des combats éclatent rapidement un peu partout au Spitzberg, entraînant des problèmes politiques concernant la revendication de l’archipel. On cherche aussi à recruter pour hiverner et protéger les établissements baleiniers abandonnés en hiver. 

À ce rythme effréné, à peine cinquante ans après le début de  la ruée vers l’huile de baleine, presque toutes les baleines franches vivant dans les eaux du Spitzberg avaient été massacrées. Cette baleine était la préférée des baleiniers. Elle était aussi appelée baleine du Groenland ou la ‘bonne’ baleine puisque elle était facile à chasser : elle nage lentement et ne coule pas une fois blessée. Ses 100 tonnes de viande, riche en graisse, et ses 700 fanons ont aussi de quoi attirer les baleiniers. 

Chasse a la baleine

La baleine, un produit commercial intéressant

Toute l’Europe consommait l’huile de baleine, produit de qualité conditionnée en barils. Drôle d’idée ? Pas vraiment. Souvenons-nous qu’à cette époque, c’est le développement de l’éclairage urbain … et que l’huile de baleine ne constituait pas moins que le pétrole de l’époque ! On l’utilisait également pour confectionner des savons, des parfums, pour graisser les machines, pour imperméabiliser les bois des maisons et bateaux,  ou encore pour tanner le cuir. 

Savon Baleine

Les fanons des baleines étaient utilisés dans la confection des armatures de corsets, de parapluies et d’ombrelles, d’éventails, … Très agréable pour sa grande flexibilité, cette matière a aussi l’avantage d’être facile à travailler et résistante à l’eau, un peu l’ancêtre de notre plastique. Les petits curieux noteront d’ailleurs qu’aujourd’hui, les structures utilisées pour rigidifier un soutien-gorge portent toujours le nom de ‘baleine’, petit clin d’œil à l’histoire ! 

La viande était consommée. Elle n’avait pas réputation d’être excellente mais présentait l’intérêt d’être bon marché. A une période où l’Eglise interdisait la consommation de viande pendant le carême, les paysans contournaient l’interdit en concoctant des plats à base de graisse de baleine et de lard. 

La chute de la pêche à la baleine

Dès 1660, la baleine franche était déjà en voie de disparition. La station hollandaise de Smeerenburg a été rapidement abandonnée. La chasse à la baleine, responsable de la quasi-extinction des baleines franches dans les fjords, s’est encore poursuivie pendant plusieurs dizaines d’années, plus au large, entre le Spitzberg et le Groenland. Les baleines étaient encore nombreuses à cet endroit. On s’est affranchi des stations à terre pour se munir de bateaux-usines. Les baleines étaient donc directement dépecées en mer, leur graisse transformée en huile était directement mise en barils à bord des navires. 1697 reste une année phare dans les annales des baleiniers : 1255 baleines ont été tuées par 129 bateaux hollandais. Chasse baleine bateaux usine

Autour de 1800, la chasse à la baleine, pratiquée de manière très intensive, diminue de manière significative faute d’animaux. On estime que 50 000 baleines ont été tuées pendant les XVIIe et XVIIIe siècle. On ne compte plus que 300 baleines au Groenland en 1880 contre 22 000 au début du XVIIe siècle, avant la ruée vers les cétacés. Les Norvégiens ont poursuivi la chasse à la baleine jusqu’en 1908. 

La recherche de terrains de chasses propices a eu pour conséquence une très bonne connaissance des côtes et des fjords. La fin de la chasse à la baleine a entrainé dans sa chute une partie de ce savoir : la rivalité entre baleiniers les empêchait de divulguer les informations sur les lieux les plus intéressants. 

La position actuelle de la Norvège sur la chasse à la baleine

L’Islande et la Norvège sont les principaux pays au monde à autoriser la chasse à la baleine. La chasse commerciale, au petit rorqual, a repris en 1993 en Norvège, le pays jugeant que la population de cétacés était à nouveau assez abondante dans la région (plus de 100 000 individus). En 2002, le pays a également repris ses exportations de produits baleiniers. En 2018, la Norvège estime que la chasse à la baleine périclite et relève ses quotas de 28%.  

Le Japon a lui repris la chasse à la baleine en 2019, après trente ans d’arrêt.

La chasse à la baleine est toujours en déclin malgré une hausse des quotas, le nombre de bateaux engagés dans cette activité continue à diminuer et une baisse de la demande se fait ressentir. Les associations et ONG réclament la fin de la chasse à la baleine en Norvège. La chasse est soutenue par le gouvernement qui s’est opposé au moratoire de 1982 sur la chasse commerciale à la baleine. 

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*Les prix indiqués sont ceux des cabines les moins chères. Le descriptif des programmes est donné à titre indicatif.

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