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Du 15 au 18 octobre 2018 eut lieu la réunion annuelle AECO à Oslo. L’AECO (Association of Expedition Cruise Operator), c’est l’association regroupant notamment les organisateurs de voyages proposant des croisières expéditions en Arctique : le Spitzberg, le Groenland, la Terre François Joseph, Le Canada, l’Islande, etc.

Grands Espaces en fait bien sûr partie. Jonathan Zaccaria et Christophe Bassous y représentaient la société Grands Espaces. On y trouve bien sûr les compagnies étrangères, les collègues et compétiteurs d’autres agences, mais aussi tous ceux participant à ce monde du tourisme polaire : les maires de certaines villes lointaines, les fournisseurs de carburant léger et moins polluant, les agents portuaires, certains membres de services de secours en haute mer. Cette réunion s’articulait en deux jours : la première concernait une mise à jour générale et série de présentations sur les diverses activités qui ont eu lieu cette année ainsi que les diverses actions en cours, la deuxième était en huit-clos (seuls les membres permanents AECO étaient autorisés) afin de revoir les statuts de l’association.

Grands Espaces - Bassous-Christophe
Christophe Bassous
Grands Espaces - Zaccaria-Jonathan
Jonathan Zaccaria

Tout d’abord un rappel sur les fréquentations des sites a eu lieu. Il est clair que les voyages polaires sont de plus en plus prisés. Cela pose certains problèmes aux petites communautés vivant dans l’arctique canadien ou sur la côte ouest du Groenland, qui ne peuvent parfois pas répondre à la demande de certains navires et l’augmentation de fréquentation. Quelques exemples pratiques ont été mentionnés par nos collègues : Ilulissat et la baie de Disko reçoivent 30 % des visiteurs voyageant sur la côte ouest du Groenland ! Les infrastructures : guides, hélicoptères, pilotes, ports, ne peuvent se développer aussi vite que l’augmentation du tourisme dans cette zone. Une compagnie gérant un navire de 3000 passagers étudie la possibilité de visiter cet endroit, célèbre pour ses icebergs géants. Cela pose aussi des problèmes de sécurité : un trafic en augmentation voit aussi le risque d’accident augmenter…

Icebergs Groenland

Il est donc très important de bien connaître la zone que l’on visite. S’il est vrai que la baie de Disko est connue pour ses icebergs géants, nous pouvons garantir également d’en voir ailleurs, la côte du Groenland est si grande ! Mais la popularité sur les médias sociaux et internet poussent les voyageurs à désirer cet endroit, mettant ainsi la pression du côté de certains opérateurs qui plient à cette demande. Nous pensons qu’il est plutôt du rôle du tour opérateur d’éduquer les passagers, un à un, pour les informer de la destination qu’ils visitent, de ses enjeux, ses loisafin que l’expérience soit authentique, plutôt que touristique où l’on cherche à cocher une case dans une liste de choses à accomplir de la même manière que l’on ferait ses courses…

Un autre exemple : depuis que le volcan Eyjafjöll en Islande a érupté en 2010 et causé le blocage du trafic aérien, la popularité de l’Islande, alors méconnue des voyageurs à ce jour, a augmenté en flèche ! La catastrophe naturelle qui eut lieu sur la petite île volcanique de l’atlantique nord a servi de tremplin médiatique pour attirer aujourd’hui 2,4 millions de voyageurs annuels, pour une population de 300 000 Islandais ! Le tourisme est devenu aujourd’hui en Islande l’une des ressources économiques majeures ! Cela influence tellement l’économie locale que les prix flambent et des lois vont être créées (créations de zone protégées, parcs nationaux, etc.). Pour cette raison les membres AECO ont voté pour inclure l’Islande dans la zone AECO, qui consiste à visiter les sites par navire en n’y laissant aucun impact (interdiction de collecter pierre, plantes, os, etc. interdiction d’approcher la faune sauvage à moins d’une certaine distance, etc.).

circuit Islande

Un autre point a été soulevé : dans les cinq prochaines années, trente nouveaux navires polaires vont être construits… Nous nous demandons aujourd’hui à quoi va ressembler l’arctique de demain.
De moins en moins de glace en été va permettre à des navires d’aller de plus en plus loin, d’effectuer des saisons plus longues, etc.

Pour éviter donc des dérives négatives et un manque de professionnalisme parmi les compagnies qui vont avoir besoin de plus de guides, des procédés stricts se mettent en place. Chez Grands Espaces, citée en exemple pour ses formations et son encadrement, une formation annuelle a lieu afin de mettre à jour (ou d’apprendre pour les nouveaux) les points techniques utilisés sur le terrain : manipulation d’armes, premiers secours, manœuvre en bateau à moteur, gestion de groupes.

Formation guides Grands Espaces

Étant donné l’augmentation régulière de touristes en Arctique, l’image que dégage le « touriste » auprès des locaux est bien sûr parfois perçue comme négative, ce qui est un peu hypocrite dans ces endroits où les ressources économiques sont liées aux fréquentations touristiques. C’est ainsi que cette année un ours a été tué au Spitzberg. C’était un cas de légitime défense : cela s’est bien terminé pour le guide dont la tête était dans la gueule de l’ours, mais très mal pour l’animal. Depuis 1973, date de protection de l’ours blanc, c’est le troisième cas d’ours tué en cas de légitime défense dans le cadre d’activités touristiques. Un de trop bien entendu. Mais le total d’ours tués en cas de légitime défense atteint les 130 aujourd’hui au Spitzberg ! La plupart des cas ne concernent donc pas les activités touristiques ! (Plutôt des rencontres animal-chercheur, ou animal-locaux, etc.). Et pourtant, la nouvelle a fait le tour du monde, sans mettre en perspective l’impact du tourisme sur cet animal, positif ! En effet, au Svalbard, la chasse est interdite (contrairement au Groenland, au Canada et en Alaska où des quotas sont autorisés) et il n’y a pas de braconnage ! (contrairement en Russie dont le territoire, très grand, est difficile à surveiller). Et pour cause : le Spitzberg est la destination numéro une pour voir l’ours blanc dans son environnement : par conséquent un ours polaire qu’on vient voir vivant dans son environnement vaut plus cher qu’une peau d’ours vendue à 17 500€ au marché officiel !

Croisière Polaire Spitzberg Ours

Des projets également plus ou moins farfelus voient le jour, comme « O-Vrat »! Cela consiste à partager les informations d’un site grâce à on téléphone portable. Cette application pour smartphone est développée par un ancien capitaine, gérant d’une petite entreprise de technologie aujourd’hui. Elle sera dédiée aux guides et chefs d’expédition qui pourront se relayer des informations en temps réels sur l’état d’un site : conditions de vent, houle, brume, présence d’animaux… Une meilleure planification pour un voyage plus sûr et réussi ? Ou bien plus de bureaucratie pour satisfaire un monde dans lequel le contrôle est de plus en plus présent ? Le charme de la découverte et le romantisme des voyages polaires, où l’on se lance dans l’inconnu et l’imprévisible, sera-t-il condamné à disparaître ?

Nous sommes bien sûr sensibilisés au problème mondial que cause l’utilisation du plastique : bouteille, film alimentaire, sachet plastique, paille, emballage, tant d’objets qui finiront… en mer ! 13 millions de tonnes de plastique finissent en mer chaque année. Mais la mer est grande, deux tiers de la surface du globe, parfois jusqu’à plus de 4000 mètres de fond. Que représentent donc ces 13 millions de tonnes ? Il est parfois difficile de mettre les choses en perspectives. Et bien durant cette réunion, à ce rythme de rejet annuel en mer, en terme de masse, il y aura en 2050 autant de plastique en mer que de poissons. Nouvelle très alarmante. Certaines compagnies ont donc déjà commencé à bannir le plastique jetable à bord de leurs navires…

Découvrez les croisières Grands Espaces

*Les prix indiqués sont ceux des cabines les moins chères. Le descriptif des programmes est donné à titre indicatif.

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